Le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) a demandé réparation à des institutions bancaires et familles bordelaises qu'il accuse d'avoir profité de la traite des Noirs, lors d'un rassemblement à Paris ce samedi, jour de commémoration de l'abolition de l'esclavage.
Le CRAN, place de la Sorbonne
Une centaine de personnes, en gilet jaune fluo, avaient bravé la pluie pour se rassembler à son appel dans le centre de Paris, place de la Sorbonne. Le président du CRAN, Louis-George Tin, a notamment accusé le Crédit suisse, la Banque de France, l'ancienne banque Mallet et plusieurs familles bordelaises d'avoir "joué un rôle central dans la traite négrière". "C'est le travail des esclaves qui a permis de constituer la Banque de France et c'est la Banque de France qui a permis de constituer la France", a-t-il ajouté.
Le CRAN, poursuites judiciaires
Le CRAN, qui a déjà engagé des poursuites en justice contre l'Etat, la CDC et le groupe Spie Batignolles, les accusant d'avoir profité de l'esclavage, a cette fois choisi "d'interpeller publiquement" ces banques et familles, de leur "tendre la main" dans une "démarche de dialogue". "Nous les invitons à rentrer en contact avec des associations ou des municipalités pour voir comment elles pourraient contribuer d'une manière ou d'une autre à des réparations", a déclaré à Louis-Georges Tin. "En fonction, nous verrons si nous donnons des suites judiciaires".
François Hollande et les réparations
Il y a un an le président François Hollande avait fermé la porte à toute compensation financière, citant le poète martiniquais, Aimé Césaire qui évoquait une "impossible réparation". Louis-Georges Tin a de nouveau demandé à François Hollande de s'excuser publiquement pour la responsabilité de la France dans la traite négrière, d'engager une réforme agraire outre-mer, de rembourser la rançon que la France a touchée d'Haïti à son indépendance et de créer un musée en métropole dédié à la colonisation.
Réaction au Tweet de Thierry Mariani
Par ailleurs, le président du CRAN a jugé "très choquant" un tweet du député UMP Thierry Mariani sur l'esclavage, estimant qu'on n'était "pas loin du négationnisme". Il a demandé son exclusion de l'UMP. Le vice-président de l'UMP a envoyé mercredi le tweet suivant: "L'enlèvement par la secte Boko Haram rappelle que l'Afrique n'a pas attendu l'Occident pour pratiquer l'esclavage", y ajoutant le hashtag (mot-dièse) "déculpabilisation".