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10 mai : le CRAN demande des réparations

Ce samedi matin, dans le cadre de la journée nationale de l’abolition de l’esclavage, le CRAN, Conseil représentatif des associations noires, a préféré organiser une contre-manifestation et ne pas prendre part aux cérémonies officielles du jardin du Luxembourg. 

CRAN 10 mai 2014, place de la Sorbonne © Fabienne Acosta
© Fabienne Acosta CRAN 10 mai 2014, place de la Sorbonne
  • Fabienne Acosta avec AFP
  • Publié le , mis à jour le

Le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) a demandé réparation à des institutions bancaires et familles bordelaises qu'il accuse d'avoir profité de la traite des Noirs, lors d'un rassemblement à Paris ce samedi, jour de commémoration de l'abolition de l'esclavage.

Le CRAN, place de la Sorbonne

Une centaine de personnes, en gilet jaune fluo, avaient bravé la pluie pour se rassembler à son appel dans le centre de Paris, place de la Sorbonne. Le président du CRAN, Louis-George Tin, a notamment accusé le Crédit suisse, la Banque de France, l'ancienne banque Mallet et plusieurs familles bordelaises d'avoir "joué un rôle central dans la traite négrière". "C'est le travail des esclaves qui a permis de constituer la Banque de France et c'est la Banque de France qui a permis de constituer la France", a-t-il ajouté.

Le CRAN, poursuites judiciaires

Le CRAN, qui a déjà engagé des poursuites en justice contre l'Etat, la CDC et le groupe Spie Batignolles, les accusant d'avoir profité de l'esclavage, a cette fois choisi "d'interpeller publiquement" ces banques et familles, de leur "tendre la main" dans une "démarche de dialogue". "Nous les invitons à rentrer en contact avec des associations ou des municipalités pour voir comment elles pourraient contribuer d'une manière ou d'une autre à des réparations", a déclaré à Louis-Georges Tin. "En fonction, nous verrons si nous donnons des suites judiciaires".

François Hollande et les réparations

Il y a un an le président François Hollande avait fermé la porte à toute compensation financière, citant le poète martiniquais, Aimé Césaire qui évoquait une "impossible réparation". Louis-Georges Tin a de nouveau demandé à François Hollande de s'excuser publiquement pour la responsabilité de la France dans la traite négrière, d'engager une réforme agraire outre-mer, de rembourser la rançon que la France a touchée d'Haïti à son indépendance et de créer un musée en métropole dédié à la colonisation.

Réaction au Tweet de Thierry Mariani

Par ailleurs, le président du CRAN a jugé "très choquant" un tweet du député UMP Thierry Mariani sur l'esclavage, estimant qu'on n'était "pas loin du négationnisme". Il a demandé son exclusion de l'UMP. Le vice-président de l'UMP a envoyé mercredi le tweet suivant: "L'enlèvement par la secte Boko Haram rappelle que l'Afrique n'a pas attendu l'Occident pour pratiquer l'esclavage", y ajoutant le hashtag (mot-dièse) "déculpabilisation".

Expositions

En préambule des discours et des différentes prises de paroles, deux expositions étaient mises à dispositions des passants. Seuls les militants en prenaient connaissance. La première évoque la question des réparations, en mettant à l’honneur les différentes personnalités qui ont milité pour cela. D’Abraham Lincoln à Malcom X, en passant par le pasteur Desmond Tutu, Franz Fanon ou Martin Luther King, tous sont cités sur les différentes pancartes. La seconde exposition reprend de façon plus générale l’histoire de l’esclavage et notamment celle d’Haïti, qui est le pays mis à l’honneur partout cette année lors des différentes commémorations.  


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