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La France entre en lice à Porto Alegre : Chimarao pour les Bleus !

société
Chimarao or vert
©Nicolas Ransom
Nicolas Ransom, journaliste français installé au Brésil, poursuit son Carnet de coupe quotidien pour la 1ère. Aujourd'hui, il est à Porto Alegre, où les Bleus débutent leur mondial dans quelques heures face au Honduras. 
A Porto Alegre, on le voit partout, dans toutes les mains.
Qu’on soit jeune ou plus âgé, il est l’accessoire indispensable de tous les Gauchos : le chimarao. Une infusion traditionnelle et stimulante à base d'herbes, aux effets similaires à ceux du café ou du thé.
etalage Chimarao
©Nicolas Ransom

La terre des Gauchos

Le moment tant attendu approche. Je viens d'arriver à Porto Alegre. Pluie. Froid. C'est l'hiver. Ça change de Rio de Janeiro. Ici, je suis sur la terre des Gauchos. Ces gardiens de troupeaux que l'on retrouve en Argentine, au Chili mais aussi dans le sud du Brésil. Bottes en cuir, épais pantalon, grosse ceinture, chapeau... Ils ont un sacré style.
 

Vendeurs Porto Alegre
©Nicolas Ransom

Un thermos à la main

En marchant dans le centre-ville, j'en ai déjà croisé une bonne dizaine. Ils ont toujours une thermos à la main. Et une sorte de pot, qu'ils appellent cuia, dans l'autre. Impossible de donner la main à sa femme. Le chimarao, comme ils l'appellent, c'est le symbole de la région. Tous se dirigent vers le marché municipal. Mais pourquoi ? Il semblerait que cela soit l'endroit pour se protéger de la pluie. Mais pas seulement.
 

Rue Porto Alegre
©Nicolas Ransom

À l'intérieur, une supportrice française se réchauffe, son drapeau tricolore sur les épaules, et un groupe de supporters honduriens pousse la chansonnette, attirant à peine l'attention des "hommes aux thermos et aux grosses bottes".

supporters honduras
Dans les rues de Porto Alegre ©Nicolas Ransom


Tous convergent vers une petite boutique traditionnelle. Juan, chapeau vissé sur la tête, vient y choisir de l'herbe. Des feuilles de "yerba maté". La base du chimarao.
 

Rayonnage Chimarao
©Nicolas Ransom

Il y en a pour tous les goûts. Car même si l'herbe reste la même, les saveurs sont bien différentes en fonction de la région de culture et de son séchage. Un peu d'eau chaude. Une cuia (calebasse). Des cuias, il y en a pour tout le monde. Celles bleu ciel et blanc aux couleurs de Gremio (l'un des clubs de football de Porto Alegre) se vendent très bien. Il ne faut pas oublier un tube métallique, la bombilla, sorte de pipette. Et beaucoup de savoir faire.

chimarao gremio
©Nicolas Ransom


En deux temps trois mouvements, Maria, cette fille de gaucho depuis plusieurs générations, vient de me faire le chimarao de bienvenue. C'est le rite Gaucho. Offrir le chimarao aux visiteurs est un signe de respect, me dit-elle.

vendeuse chimarao
©Nicolas Ransom

"Cette herbe-là est super forte"

Je goûte. C'est brûlant et un peu amer. Mais c'est pour la bonne cause, tant cette infusion semble avoir de qualités. On lui prête de nombreuses vertus : diurétique, stimulant, régénérateur cellulaire, anti-oxydant. Pour me réchauffer, Maria me conseille d'en reprendre. Bombilla entre les lèvres, je m'exécute. "Cette herbe-là est super forte, ce n'est pas tout le monde qui la boit." Le chimarao aide, semble-t-il, à passer l'hiver. À Porto Alegre, il se déguste à n’importe quelle heure de la journée. "Pour donner des forces".

Ce dimanche matin, c'est chimarao pour tout le monde, y compris pour les Bleus.

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