Ebola : faut-il avoir peur de l'extension de l’épidémie ?

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En Sierra Leone, des personnels de santé sont formés à l’utilisation de tenues de protection avant leurs interventions auprès des malades ©AFP
Selon l'OMS, l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola a tué près de 900 personnes depuis le début de l’année en Afrique de l’Ouest, sur quelques 1.600 malades recensés. Le reste du monde doit-il s’inquiéter de cette épidémie qui ne cesse de s’aggraver ? 
A ce jour, l’épidémie d’Ebola a tué environ 900 personnes dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest. Mais comme toute épidémie, Ebola ne connaît pas de frontières. On soupçonne déjà un cas de contamination aux Etats-Unis, et un autre en Arabie saoudite (les analyses doivent être toutefois confirmées). Les deux personnes concernées ont récemment voyagé dans les pays touchés par le virus Ebola. Faut-il pour autant s’inquiéter d’une extension de la maladie dans le reste du monde ? Le point sur la situation.
 

Quelle est la gravité de cette épidémie ?

Il s'agit de loin de la plus grave épidémie d'Ebola en près de 40 ans d'histoire de la maladie. Selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), elle a fait 887 morts (confirmés, suspects ou probables) depuis le début de l’année 2014, sur 1.603 cas présumés : 358 en Guinée, 255 au Liberia, 273 en Sierra Leone et un au Nigeria. Le taux de mortalité a atteint jusqu'à 90% dans le passé et est d'environ 60% dans le cas de l'épidémie actuelle. L'épidémie s'est déclarée au début de l'année en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone.
 

Comment se transmet le virus ?

Contrairement à la grippe qui se transmet par voie aérienne, le virus Ebola se transmet d'homme à homme par contact direct avec des fluides biologiques (sang, selles, vomissements, sueur) ou les tissus de malades ou d'animaux infectés. Elle se transmet également par du matériel souillé (aiguilles par exemple).
 

Quels sont les principaux symptômes de la fièvre Ebola ?

La durée d'incubation de la maladie varie entre 2 et 21 jours, avec une moyenne de 8 jours. Elle débute par une sorte de grippe, avec fièvre, courbatures et maux de tête. Trois à quatre jours après apparaissent d'autre signes, notamment des éruptions cutanées, des vomissements et des diarrhées, tandis que l'état général se dégrade progressivement, avec des hémorragies internes et externes en particulier.
 

Existe-t-il un vaccin contre la fièvre Ebola ?

Il n'existe actuellement pas de vaccin homologué, ni de traitement spécifique. Cependant, des virologues américains espèrent tester dès septembre un vaccin expérimental, qui en cas de succès permettrait d'immuniser dès 2015 le personnel soignant, en première ligne contre l'épidémie.
 

Doit-on envisager des restrictions aux voyages et aux échanges ?

Pour l’instant, l'OMS ne recommande pas que des restrictions aux voyages ou aux échanges commerciaux soient imposées à la Guinée, au Liberia, à la Sierra Leone ou au Nigeria sur la base des informations actuellement disponibles concernant cette épidémie.
 

Quels sont les dispositifs mis en place par la France ?

Le ministère des Affaires étrangères recommande depuis jeudi dernier de suspendre "sauf raison impérative" tout projet de voyage en Guinée, Sierra Leone, Libéria et Nigeria, les quatre pays où des cas de fièvre hémorragique Ebola sont avérés. Pour les voyageurs sur place, il convient de ne pas se déplacer dans les zones de foyer de l'épidémie, de ne pas manipuler ou consommer de viande de brousse, de se laver fréquemment les mains et d'éviter les contacts avec des malades ayant une forte fièvre, des troubles digestifs ou des hémorragies.
 
Selon des informations diffusées par le ministère dès le mois d'avril à destination des professionnels de santé, les voyageurs revenant d'une zone à risque doivent surveiller quotidiennement leur température. Toute personne présentant, dans un délai de 21 jours après son retour d'une zone à risque, une fièvre supérieure ou égale à 38,5° doit être considérée comme un cas suspect et doit être signalée au Centre 15.
 
Tout cas suspect devra rapidement être classé en catégorie "exclu"(l'hypothèse du virus est écartée) ou "possible" (lorsque d'autres signes cliniques viennent s'ajouter à la fièvre). Un cas ne peut être confirmé que par une analyse biologique réalisée par l'un des deux laboratoires de référence dont un seul est utilisé actuellement, selon le ministère de la Santé. Il s'agit du laboratoire du Centre national de référence des Fièvres hémorragiques virales (FHV) basé à Lyon, qui est rattaché à l'Institut Pasteur. La France dispose également d'"hôpitaux de référence dans chaque région vers lesquels adresser le malade pour qu'il soit pris en charge au mieux.
 
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