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Au Brésil, des moustiques transgéniques pour combattre la dengue

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Larves du moustique transgénique Aedes aegypti, le principal vecteur de la dengue, le 21 août 2014 au laboratoire de la firme britannique Oxitec, à Campinas. ©AFP/Nelson Almeida
Un produit original vient de s'ajouter au paysage industriel de Sao Paulo, au Brésil : des moustiques génétiquement modifiés pour combattre la dengue, une maladie tropicale virale qui peut être mortelle sous sa forme hémorragique. 
Campinas, une ville de l'Etat de Sao Paulo, à 100 km de la capitale. C'est une journée tiède et sèche de l'hiver austral mais, à l'intérieur du laboratoire de la firme anglaise Oxitec, règne une chaleur très humide qui recrée l'atmosphère tropicale d'un été brésilien.
        

"Ambiance idéale"

Dans l'une des trois salles, il y a des cages avec des moustiques femelles et quelques mâles pour la reproduction, dans la seconde des dizaines de plateaux avec de l'eau ou se développent des larves et une troisième avec des flacons remplis de mâles prêts à être lâchés dans la nature.
        
"Ici c'est l'ambiance idéale pour que le moustique Aedes aegypti, le principal vecteur de la dengue, se reproduise et grandisse", explique à l'AFP la biologiste portugaise Sofia Pinto, 32 ans, responsable de cet élevage.
        
Il s'agit de la première usine au monde destinée à commercialiser des moustiques transgéniques contre la dengue. Oxitec l'a inaugurée fin juillet et attend le feu vert de l'Agence de veille sanitaire brésilienne (Anvisa) pour vendre son produit, souligne la scientifique.
        
Sa capacité actuelle est de 500.000 insectes par semaine mais sa production hebdomadaire pourra monter jusqu'à deux millions. Pour l'instant le laboratoire se fait connaître des mairies, les premières institutions à combattre la dengue au Brésil, le pays le plus touché du monde cette année.
        

Tests positifs

L'entreprise britannique Oxitec a fait venir du Royaume Uni la variété de moustique OX513A, qu'il a développée en 2002. Ici se reproduisent mâles et femelles génétiquement modifiés, prêts à effectuer leur tâche. Les femelles seront conservées pour la reproduction avec quelques mâles tandis que la majorité des mâles seront lâchés dans la nature en quantité deux fois supérieure à celle des moustiques non transgéniques.
                  
"Une fois lâchés, les moustiques cherchent les femelles sauvages pour copuler. Mais grâce à cette modification génétique qui se transmet, toute leur progéniture mourra avant d'atteindre l'âge adulte et ils ne pourront ni piquer ni transmettre les virus de la dengue", explique Mme Pinto.

"L'Aedes aegypti ne pique que les humains et ce projet vise seulement cette espèce d'insecte, originaire d'Afrique et considérée comme une espèce envahissante au Brésil", ajoute la biologiste. Son éventuelle disparition ne serait pas une perte pour l'environnement car c'est un moustique urbain qui ne pollinise pas et n'alimente pas d'autres insectes ou animaux.
        
Ces moustiques ont été testés aux Iles Caïmans, aux Etats-Unis et en Malaisie. Des tests commencés en 2011 à Juazeiro dans l'Etat de Bahia (nord-est) ont montré une réduction de plus de 80% de la population de moustiques sauvages.
         
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