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L’igname, vedette d’une exposition à Paris

Ce n’est pas souvent qu’un tubercule fait ainsi sa vedette. Mais l’igname n’est pas un légume comme les autres. Vénéré en Océanie, il inspire les peintres et artisans locaux. La galerie DZ lui rend hommage à Paris jusqu’au 29 septembre.

Exposition "Poétique de l'igname" © CB
© CB Exposition "Poétique de l'igname"
  • Par Cécile Baquey
  • Publié le , mis à jour le
"Poétique de l’igname", c’est ainsi que s’intitule cette exposition étonnante. La galerie DZ a choisi de mettre face à face des tableaux d’une peintre aborigène d’Australie, Lorna Fencer Napurrurla détentrice "du rêve de l’igname sauvage" et des masques à ignames réalisés par des artisans du peuple Abelam au nord de la Papouasie. C’est avec minutie que Didier Zanette, le fondateur de la galerie a concocté cette exposition. L’igname, ce drôle de tubercule a toujours inspiré les artistes océaniens. Ecoutez Didier Zanette interrogé par la1ere :

Didier Zanette

Didier Zanette
Didier Zanette devant un tableau de Lorna Napurrurla Fencer © CB
© CB Didier Zanette devant un tableau de Lorna Napurrurla Fencer
Masque à igname © CB
© CB Masque à igname


Nouméa, Nice, Paris

Epoux Zanette © CB
Depuis 25 ans, Didier Zanette et son épouse Isabelle, installés en Nouvelle-Calédonie parcourent l’Océanie à la recherche de tableaux et d’objets, tout en tissant de belles relations avec des artistes du Sud Pacifique. Ils ont tous les deux plaqués leur travail, l’un dans une banque, l’autre dans une grande entreprise pour ouvrir une galerie à Nouméa en 2003. Le couple a continué l’aventure en créant une autre galerie DZ à Nice. Et cette fois, c’est à Paris que les époux Zanette ont posé temporairement leurs bagages.

Lorna Fencer Napurrurla

DZ Galerie n’a pas vraiment joué la facilité dans cette exposition, car l’artiste présentée ne ressemble pas aux canons de l’art aborigène classique. Mais pour Isabelle Zanette, c’est un coup de cœur. Lorna Fencer Napurrurla (1924-2006) a débuté en 1986 la peinture sur toile.
Lorna Fencer Napurrurla © David Roth
© David Roth Lorna Fencer Napurrurla

"Avant, elle peignait son corps et celui des femmes lors de cérémonies, précise Didier Zanette. Cette artiste avait beaucoup d’influence sur son clan de la région du désert de Tanami, au nord de l’Australie. C’est elle qui transmettait la mythologie aborigène aux jeunes". Lorna Fencer Napurrurla est aujourd’hui présente dans de grands musées australiens, mais de son vivant, elle n’a pas connu le succès qu’elle aurait pu espérer. Ecoutez cette interview d’Isabelle Zanette au sujet de Lorna Fencer Napurrurla :

Isabelle Zanette

Isabelle Zanette

Masques à igname

Face ou à côté des tableaux de Lorna Fancer Napurrurla, l’exposition "Poétique de l’igname" déploie des masques étonnants et de toute beauté. Il s’agit de masques à igname du pays Abelam en Papouasie. Chaque année, s’y déroule une cérémonie pour parer les tubercules. Les ignames ressemblent alors à des hommes endimanchés ornés de couvre-chefs.
Ignames parés de masques lors d'une cérémonie du peuple Abelam en Papouasie © Didier Zanette
© Didier Zanette Ignames parés de masques lors d'une cérémonie du peuple Abelam en Papouasie

Cordon ombilical

Christian Coiffier © CB
Les artistes qui créent les masques déploient des trésors de raffinement  et d’imagination. Ils utilisent des fougères qui localement sont considérés comme des « cordons ombilicaux ». Ecoutez l’explication de Chistian Coiffier, du Museum national d’histoire naturelle qui a participé au montage de l’exposition :

Christian Coiffier

Christian Coiffier

Et cette exposition « Poétique de l’igname » s’envolera en novembre à Nouméa. La galerie DZ Paris proposera de son côté un événement autour d’artistes des Salomon, en parallèle avec l’événement « éclat des ombres, l’art en noir et blanc des îles Salomon » qui débutera le 18 novembre au musée du Quai Branly.

 

Poétique de l'igname

Du 11 au 29 septembre
DZ Galerie
18 rue dauphine à Paris

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