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Déforestation : selon Greenpeace, dans le Para au Brésil, 80% du bois est abattu illégalement

Des arbres abattus clandestinement en Amazonie brésilienne sont transportés la nuit par camion dans des scieries. Ce bois est ensuite exporté comme s'il était d'origine légale vers la France, la Belgique, la Suède et les Pays-Bas. Une situation dénoncée par l'ONG Greenpeace.

Déforestation au Brésil, dans l'Etat du Para © YASUYOSHI CHIBA / AFP
© YASUYOSHI CHIBA / AFP Déforestation au Brésil, dans l'Etat du Para
  • La1ère avec AFP
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L'enquête menée par Greenpeace a de quoi inquiéter. Le poumon de la Terre, l'Amazonie est sans cesse grignoté, et ceci en tout illégalité. Pire encore : des Etats européens, comme la France ferment les yeux. Dans la région de Santarem, au nord de l'Etat amazonien du Para, Greenpeace
a montré que "de janvier à août 2014 la France, la Belgique, la Hollande et la Suède ont eu une relation commerciale directe avec trois scieries suspectes. Il s’agit de Rainbow Trading Importação e Exportação LTDA Comercial de Madeiras, Odani LTDA et Sabugy Madeiras LTDA".
 

Commerce de bois illégal avec la France          

"Rainbow Trading exporte vers la France et Odani sous-traite pour Rainbow", souligne la porte-parole, Marina Lacorte de Greenpeace. Santarem concentre le principal pôle de l'industrie du bois du Para, l'Etat qui produit et exporte le plus de bois d'Amazonie, précise Greenpeace dans un communiqué.
 

Déforestation difficle à voir mais réelle

Un survol de la zone dans l'avion de Greenpeace permet de voir "plusieurs clairières et routes ouvertes dans la forêt". "Ce sont de petites zones qui mettent du temps à apparaître et les images satellites ne les détectent pas", précise Marina Lacorte de Greenpeace. L’ONG a réussi à établir "les liens d'une chaîne d'exploitation sale qui détruit des zones reculées de la forêt et a un rapport avec la violence contre des communautés locales", selon elle.
Marina Lacorte, porte-parole de Greenpeace avant le survol d'une zone de déforestation au nord du Para © RAPHAEL ALVES / AFP
© RAPHAEL ALVES / AFP Marina Lacorte, porte-parole de Greenpeace avant le survol d'une zone de déforestation au nord du Para

"Les Etats fédérés ferment les yeux"

L'enquête de Greenpeace qui a caché des sortes de GPS sous les camions-grumiers pour surveiller leur trajet a révélé aussi "que les papiers officiels ne sont même pas capables de garantir l'origine légale du bois". Depuis 2006, le ministère de l'Environnement a passé la responsabilité de l'exploitation forestière aux Etats fédérés qui ferment les yeux, voire encouragent l'activité, estime Marina Lacorte.
 

80 % du bois abattu illégalement

D'après des données de l'Institut brésilien Imazon, entre août 2011 et juillet 2012, 78% des zones d'activités forestières n'avaient aucune autorisation d'exploitation. Dans le Para, près de 80% de tout le bois a été abattu illégalement. L'essence "ipé", très prisée en Europe notamment pour les decks de piscine, peut atteindre 2.500 euros le mètre carré. Greenpeace appelle le gouvernement brésilien à revoir toutes les autorisations données depuis 2006 aux exploitants forestiers et à reprendre le contrôle de cette activité.
 

L'Europe complice

L'ONG souligne que "en maintenant ses portes ouvertes au bois illégal, le marché devient complice de la destruction en Amazonie" En mai, Greenpeace avait lancé la campagne "Crise silencieuse en Amazonie" et dénoncé que 20% à 40% du bois importé en Europe est d'origine illégale. Le 22 mai dernier, des militants avaient symboliquement "mis sous scellé" du bois importé du Brésil et du Congo RDC sur le port de La Rochelle, pour dénoncer "l'inaction" de la France contre l'importation de bois illégal.

 

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