Un seul hôpital en Outre-mer est habilité à recevoir des patients atteints par Ebola

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A l'hôpital Bégin, en banlieue de Paris, le dispositif sanitaire a déjà servi à soigner avec succès une infirmière contaminée en Afrique ©THOMAS SAMSON / AFP
Alors que les fausses alertes à l'arrivée d'Ebola en France se multiplient, les autorités sanitaires ont établi une liste de douze centres hospitaliers à travers la France, "habilités pour la prise en charge des cas possibles ou confirmés". Un seul établissement d'Outre-mer y figure...
En Europe les alertes à Ebola se multiplient. Six personnes sont en observation en Espagne, pays dans lequel une malade est actuellement soignée. En France, hier jeudi 16 octobre, une infirmière a dû être hospitalisée car elle présentait une fièvre persistante : elle avait été au contact de la seule malade française connue à ce jour, une infirmière de Médecins Sans Frontières qui avait contracté le virus Ebola au Libéria et qui est aujourd'hui guérie. Les premiers tests pratiqués sur cette patiente hospitalisée hier se sont révélés négatifs.

La liste des établissements de référence

C'est à l'hôpital Bégin, à Saint-Mandé près de Paris, que sont systématiquement hospitalisés les cas possibles ou confirmés d'Ebola détectés en région parisienne. Les autorités sanitaires ont publié il y a trois semaines un plan de lutte contre le virus Ebola. Dans ce plan figure une liste de douze établissements hospitaliers répartis à travers la France. Il s'agit d'une "liste des établissements de santé de référence habilités pour la prise en charge des patients cas possibles ou confirmés de maladie à virus Ebola".
Voici cette liste, dans laquelle figure un seul établissement Outre-mer, le centre hospitalier de La Réunion.  

Et les autres collectivités ?

Les douze établissements répertoriés ci-dessus ont donc théoriquement les moyens matériels, humains et techniques pour appliquer le protocole établi en cas d'arrivée d'un patient potentiellement porteur d'Ebola. Mais comment cela se passerait-il si un cas suspect était détecté en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à Saint-Pierre et Miquelon, en Polynésie, en Nouvelle-Calédonie, à Wallis et Futuna ou à Mayotte ? La1ere.fr a contacté la Direction Générale de la Santé (DGS), qui explique que les consignes sont de "transporter les malades potentiels vers les établissements référencés". Notre interlocutrice a pris l'exemple de la Corse : le patient serait transporté par hélicoptère vers l'Hôpital Nord de Marseille.  Mais pour les Outre-mer, pas de réponse pour l'instant de la DGS qui a promis de nous rappeler afin de nous donner de nouveaux éléments (cet article sera actualisé dès réception de ces réponses).

Une évacuation sanitaire "classique"?

L'une des solutions envisageables est celle d'une évacuation sanitaire des malades vers l'un des douze établissements de référence. Mais comme l'explique slate.fr, la plupart des sociétés "classiques" spécialisées dans les rapatriements ou évacuations sanitaires refusent de transporter les porteurs d'Ebola, virus très contaminants.

C'est pourquoi un nouveau marché se développe à la faveur du virus Ebola : certaines sociétés spécialisées dans le transport par avion des malades se lancent sur ce secteur à haut risque. C'est le cas de la PME française Medic-Air International.  Récemment, comme le raconte Slate.fr, Medic-Air International a rapatrié en Norvège une infirmière contaminée en Sierra-Leone. Le plan de vol de l'avion a été très compliqué à établir. 

Mais contacté par la1ere.fr, le docteur Hervé Raffin, patron de Medic-Air International, explique les difficultés pour les Outre-mer : "Aujourd'hui le seul avion que nous utilisons qui a le rayon d'action suffisant pour aller chercher un malade aux Antilles par exemple, c'est le Falcon 50. Mais les pilotes avec lesquels nous travaillons refusent de transporter des malades d'Ebola." 
"Une autre solution,
poursuit le docteur Raffin, est tout simplement de transporter les malades sous bulles d'isolement dans des avions de ligne. Techniquement, c'est tout à fait possible, mais on imagine, sur un plan émotionnel, la réaction des passagers et de l'équipage !"

Le plan Morphée

L'autre hypothèse est celle de l'utilisation d'un avion militaire. En théorie, le dispositif existe, il s'agit du plan Morphée (MOdule de Réanimation pour Patient à Haute Elongation d'Evacuation) qui a déjà été utilisé pour l'évacuation de blessés de guerre au Kosovo et en Afghanistan. L'avion utilisé par l'armée est un  Boeing KC 135 transformé en bloc hospitalier. Il dispose du rayon d'action nécessaire pour aller chercher des malades Outre-mer. Mais, à ce jour, il n'a jamais été utilisé pour l'évacuation de civils porteurs d'un virus comme Ebola. 
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