Suspicion de cas d'Ebola à La Réunion : toujours pas de certitude

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Le laboratoire P4 à Lyon, dans lequel sont pratiqués les tests de dépistage Ebola ©JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
C'est théoriquement ce lundi 15 décembre que les autorités sanitaires devaient effectuer les examens afin de savoir si la patiente hospitalisée au CHU de La Réunion est, ou non, porteuse du virus Ebola. Mais ce lundi soir à Paris, c'est toujours le mutisme. Décryptage. 
Toute la journée de ce lundi, les "autorités sanitaires" ont reçu de très nombreux appels de journalistes, qui cherchent à connaître les résultats des tests pratiqués sur la patiente réunionnaise. Mais aussi bien au ministère de la Santé, qu'à la Direction Générale de la Santé ou au laboratoire P4 de Lyon (où les prélèvements de la patiente de La Réunion ont été envoyés), le mutisme est de mise.

Le casse-tête de la communication

Officiellement, on explique que les résultats ne sont pas encore connus et que la ligne édictée par Marisol Touraine, la ministre de la Santé, est la suivante : les autorités communiqueront sur ce cas uniquement s'il est avéré. En clair, elles n'évoqueront les résultats des tests, que s'ils sont positifs. Dans le cas contraire, autrement dit si la patiente n'est pas porteuse d'Ebola, le ministère affirme qu'il ne donnera pas le résultat. Un étrange mode de communication puisqu'il ne permet pas de lever la suspicion si le cas est négatif. 

Ne pas alimenter la psychose

Ce mode de communication a été décidé en septembre et octobre dernier, lorsque les suspicions de cas se sont multipliées en France et en Europe. Pour ne pas avoir à démentir chaque cas non avéré, et pour éviter une éventuelle psychose Ebola, le ministère avait opté pour ce mode de communication minimaliste et peu transparente.

Avantage, vu du côté des pouvoirs publics : réduire le "bruit médiatique". Inconvénient très visible avec ce cas potentiel à La Réunion : prolonger l'attente et faire la part belle à toutes les rumeurs et élucubrations.

Malgré cette communication très verrouillée, les autorités ne pourront certainement pas tenir cette ligne bien longtemps.