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François Hollande à Miquelon, île victime de la montée des eaux

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François Hollande, premier président à se rendre à Miquelon
François Hollande, premier président à se rendre à Miquelon ©STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Miquelon, petite île française de l'Atlantique nord, a accueilli hier François Hollande. Le président de la république a rappelé sur place que la France allait organiser le sommet climat en décembre 2015. Miquelon fait partie de ces îles menacées par réchauffement climatique
"On parle beaucoup de réchauffement climatique, cela apparaît comme une évocation abstraite pour beaucoup de nos compatriotes et il est très important de montrer que la France qui va organiser le sommet (sur le climat en décembre 2015) est directement concernée", a déclaré hier François Hollande, premier président de la République à se rendre sur Miquelon.

Miquelon menacé par le changement climatique

Dans l'imaginaire collectif, le réchauffement affecte les zones tropicales avec ses exemples les plus spectaculaires: les petits Etats du Pacifique qui risquent une submersion totale, ou certaines îles des Seychelles dans l'Océan indien. Et pourtant Miquelon, située au large du Canada fait bien partie de ces territoires menacés par le changement climatique et de son corollaire, la montée des eaux. Ce changement pourrait affecter son isthme fragile.
 
Vue de Miquelon
Vue de Miquelon ©STEPHANE DE SAKUTIN / AFP


"L'exemple de Miquelon-Langlade"

François Hollande a donc promis aux Miquelonais qu'il ferait part de "l'exemple de ce qui peut se produire ici à Miquelon-Langlade si rien n'est fait pour empêcher le réchauffement climatique". Miquelon (110 km2) et Langlade (91 km2) sont reliées depuis le XVIIIe siècle par un isthme de sable. Les 600 habitants sont tous regroupés au nord de Miquelon sur la presqu'île du Cap. Si le point culminant est à 250 m d'altitude, une grande partie de l'île n'est pas si haute.
 

"Entre zéro et trois mètres d'altitude"

"Le bourg repose sur un banc de galets dont l'altitude varie entre zéro et trois mètres d'altitude, a exposé Hélène Guignard, directrice adjointe de la Direction des territoires, de l'alimentation et de la mer (DTAM) de Saint-Pierre et Miquelon. Or "les experts dans leurs prévisions les plus pessimistes estiment une potentielle élévation des océans d'un mètre (d'ici la fin du siècle) associée à une fréquence plus importante des tempêtes et de leur intensité", a poursuivi Hélène Guignard.

François Hollande à Miquelon avec Hélène Guignard, directrice adjointe de la Direction des territoires, de l'alimentation et de la mer (DTAM) de Saint-Pierre et Miquelon.
François Hollande à Miquelon avec Hélène Guignard, directrice adjointe de la Direction des territoires, de l'alimentation et de la mer (DTAM) de Saint-Pierre et Miquelon. ©STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

L'aéroport et le centre médical : "les pieds dans l'eau"           

Une simulation a été réalisée en imaginant les pires conditions conjuguées à ce jour. "Si le village est relativement bien situé sur son banc de sable, quelques infrastructures comme l'aéroport, la centrale électrique, le centre médical auraient les pieds dans l'eau", a décrit la directrice adjointe de la DTAM.

"Ne pas affoler"                       

Il y a donc "un risque que l'on ait un fractionnement de Miquelon-Langlade en trois îles puisque l'isthme est un bout de terre qui peut être dans 40, 50 ans, submergé", a constaté François Hollande, du haut du promontoire où lui était exposée la situation. De son côté, le maire de la commune, Jean de Lizzaraga, a déploré l'absence de communication de ses études préalablement aux élus et à la population qu'il ne "faut pas affoler".
 
George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer, François Hollande et le maire de Miquelon, Jean de Lizzaraga
George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer, François Hollande et le maire de Miquelon, Jean de Lizzaraga ©STEPHANE DE SAKUTIN


Paris climat 2015          

"L'exercice ne consiste pas à faire peur mais à mettre, grâce à vous et avec vous, les moyens de prévenir ce type de risque", a temporisé le chef de l'Etat. Par contre, "cela justifie le combat ou la mission confiée à la France de préparer Paris climat 2015 et de montrer combien cela est une réalité aujourd'hui", a renchéri Annick Girardin, secrétaire d'Etat à la francophonie et ex-députée de l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon.
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