Yoni Palmier, serial killer présumé, d'origine guadeloupéenne, accusé de quatre meurtres, est jugé à Evry

faits divers
Yoni Palmier
D'origine guadeloupéenne, Yoni Palmier est accusé de quatre meurtres. ©France 2
Quatre meurtres en cinq mois dans un rayon de cinq kilomètres, une seule arme, pas de mobile et un accusé qui nie malgré un dossier chargé. D’origine guadeloupéenne, Yoni Palmier, surnommé "le tueur de l'Essonne", comparaît à partir de ce mardi 31 Mars, devant la cour d'assises, à Evry. 
Un serial killer dans une cour d'assises, en France, cela n'est pas fréquent. C'est avec cette étiquette que Yoni Palmier, 36 ans, qui encourt la réclusion à perpétuité, va aborder les trois semaines de procès, à Evry.


Quatre meurtres

L'affaire commence en 2011, un dimanche d'automne, au premier sous-sol d'un parking de Juvisy-sur-Orge (Essonne). Nathalie Davids, une laborantine de 35 ans, est découverte le 27 novembre 2011 gisant dans une mare de sang, à proximité de sa voiture, atteinte d'au moins sept balles.
Trois mois plus tard, au même endroit, Jean-Yves Bonnerue, 52 ans, est abattu d'une balle dans la tête le 22 février 2012. Sont ensuite tués, dans le hall de leur immeuble, Marcel Brunetto, 81 ans et Nadjia Boudjemia-Lahcène, 48 ans,  respectivement le 17 mars 2012 à Ris-Orangis et le 5 avril 2012 à Grigny.
Les causes de la mort sont identiques : une balle dans la tête, à bout portant.

Une même arme

Seuls liens entre toutes ces victimes, l'arme - un pistolet semi-automatique calibre 7.65 mm - et une moto "bleue et blanche", aperçue par plusieurs témoins dans les heures qui précèdent ou suivent chacun des crimes.
Longtemps, les enquêteurs croient tenir leur suspect idéal : Michel Courtois, 49 ans, ex-amant de la première victime. Rapidement interpellé après le meurtre de Nathalie Davids, il passe aux aveux avant de se rétracter, puis se retrouve derrière les barreaux. Il y reste jusqu'en juin 2012, six mois et trois assassinats plus tard. Entre temps, plusieurs demandes de libération ont été refusées,  le temps finalement  d'exclure tout lien avec Yoni Palmier.
"Il avait tout pour être coupable, mais il n'est pas coupable", reconnaît aujourd'hui Elisabeth Auerbacher, avocate de Nathalie Davids, longtemps convaincue du contraire.

"Le tueur à moto"

Sur les dents après le quatrième meurtre, la police met les bouchées doubles et lance un avis de recherche pour mettre la main sur "le tueur à moto". Dix jours plus tard, Yoni Palmier est arrêté à Ris-Orangis (Essonne), le 14 avril 2012.
A mesure des perquisitions, les enquêteurs reconstituent le puzzle. Dans un box que Yoni Palmier loue à Viry-Châtillon est retrouvée la fameuse moto bleue et blanche, une sportive de marque Suzuki modèle GSX-R, faussement immatriculée.
Dans un autre box à Draveil, aménagé en mezzanine, sont saisies l'arme des crimes avec son seul ADN et plusieurs douilles similaires à celles retrouvées près des victimes.

La suite de l'enquête permet plusieurs rapprochements

Un troisième box loué par Yoni Palmier se trouve dans le parking où sont morts Nathalie Davids et Jean-Yves Bonnerue. Il a également habité jusqu'en 2004 dans le même immeuble que Marcel Brunetto et fréquente le quartier réputé difficile de la Grande-Borne à Grigny, où a été commis le quatrième et dernier meurtre.

"J'ai pas fait ça"

Autant d'éléments matériels lourds que Yoni Palmier balaye d'un "j'ai pas fait ça", adoptant une défense confuse et peu convaincante. Il accuse d'abord un certain "Niorka" qui, dans une lettre reçue en prison par l'accusé, s'attribue les meurtres. Mais Yoni Palmier finit par avouer s'être fait envoyer le courrier par sa mère, la seule personne à lui rendre visite pendant sa détention.
Puis, lui, l'éternel solitaire, évoque "un groupement" de personnes, qu'il est incapable de décrire, mais qui aurait tué au hasard pour le venger d'agressions qu'il prétend avoir subies sans que la justice n'intervienne.


Verdict attendu le 17 avril

"Il veut se présenter comme normal. Son discours, c'est de dire : - Moi, on m'a agressé toute ma vie et la justice n'a jamais rien fait. Maintenant, je suis accusé et on ne fait rien pour m'innocenter", explique l'un de ses avocats, Julien Fresnault.
"Il n'est pas idiot et pas si fragile que ça, estime de son côté Maître Elisabeth Auerbacher. Pour lui faire dire des choses, il faudra le materner, le mettre en confiance". Le verdict est attendu le 17 avril.