"Le surf est inscrit dans l'ADN de La Réunion", selon le président de la Fédération française de surf

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Un espoir du surf tué par un requin : le président de la Fédération française de surf part pour La Réunion
Depuis juillet 2013, la pratique du surf est interdite à La Réunion. ©RICHARD BOUHET / AFP
Le président de la Fédération française de surf estime qu'il est impossible d'interdire le surf à La Réunion. Jean-Luc Arassus sera mardi dans l'île pour tenter de trouver des solutions après l'attaque de requin qui a coûté la vie, dimanche, à Elio 13 ans, membre du pôle espoir.
Le président de la Fédération française de surf prend l’avion ce lundi soir pour La Réunion. Jean-Luc Arassus se rend dans l’île après la terrible attaque de requin qui a coûté la vie à Elio, un enfant de 13 ans, membre du pôle espoir de surf de La Réunion.

Jean-Luc Arassus restera dans l’île jusqu’à dimanche. Il espère rencontrer tous les acteurs présents sur place. "Il faut que les personnes chargées de faire évoluer la situation prennent l’option de l’intelligence collective, nous devons trouver des solutions ensemble", défend le président de la Fédération française de surf qui estime qu’il est "impossible d’interdire le surf dans l’île".


"Une passion incontrôlable"

"Le surf est inscrit dans l’ADN de La Réunion, c’est une passion incontrôlable, on ne peut pas l’interdire. Les surfeurs iront quand même à l’eau", affirme Jean-Luc Arassus qui souhaite une pratique encadrée de la discipline. "En autorisant le surf sous certaines conditions et dans un cadre sécurisé, on va diminuer la tentation de faire n’importe quoi. Le dispositif des vigies requins a déjà fait ses preuves, cette solution permettrait de détendre l’atmosphère. Si dimanche, deux spots avaient été ouverts au surf avec la présence de vigies, les jeunes surfeurs y seraient allés et ce drame n’aurait jamais eu lieu."

Un entraîneur effondré

Ce dimanche, Elio n’était pas seul à l’eau. Il surfait avec ses camarades du Pôle espoir. "Son entraîneur est effondré. Comme les parents d’Elio, il l’avait mis en garde, mais ces gamins n'ont pas de recul par rapport au danger, estime Jean-Luc Arassus. Vendredi soir, l’entraîneur leur avait dit de ne pas se mettre à l’eau ce week-end. Il se sent responsable, mais il ne peut pas suivre ces gamins qui sont dans la logique de la pratique de haut niveau à la Réunion. Elio paie cher sa passion." Il s’agit du septième décès dans l’île en quatre ans.

Des zones expérimentales dans l'ouest

Cette attaque intervient alors que la pratique du surf est interdite à La Réunion par un arrêté pris en juillet 2013. Dans les jours qui viennent, des zones expérimentales devaient être mises en place sur le littoral ouest pour permettre aux surfeurs et aux entraîneurs du Pôle espoir de la Ligue réunionnaise de pratiquer le surf. Selon la Fédération française de surf, le spot des Aigrettes où a eu lieu l’attaque mortelle de dimanche, fait partie des six zones où la sécurité devrait être assurée par des vigies immergées, des vigies embarquées et des patrouilles sur les plages.