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Noyade, enlèvement : aucune piste n’est écartée après la disparition de Marcus

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Noyade, enlèvement : aucune piste n’est écartée trois jours après la disparition de Marcus
Les gendarmes ont poursuivi les recherches, ce lundi, pour tenter de retrouver le petit Marcus. Quatre plongeurs ont sondé l'Oise durant plusieurs heures. ©LP
Persuadé que son fils a été enlevé, le père de Marcus contredit les enquêteurs. Trois jours après la disparition du petit garçon réunionnais dans le Val d’Oise, aucune piste n'est écartée. Les recherches se sont poursuivies ce lundi. Reportage.
"Mon fils a été kidnappé", affirme Pierrick Dalleau. Quelques heures après son arrivée en métropole, le père de Marcus est revenu, ce lundi 27 avril, sur les lieux de la disparition de son fils. Âgé de deux ans et demi, le petit Réunionnais a disparu, il y a trois jours, alors qu’il jouait dans le jardin de sa tante, à Butry-sur-Oise (Val d’Oise). Marcus et sa maman, Frida, étaient en vacances en métropole depuis deux semaines et devaient rentrer à La Réunion ce lundi.

Noyade, enlèvement : aucune piste n’est écartée trois jours après la disparition de Marcus
Marcus jouait dans la cour de la maison, avec sa cousine de 4 ans, avant sa disparition. A quelques mètres de là, cette allée mène à la rivière de l'Oise. ©LP

La famille craint un enlèvement

"J’ai observé les lieux et j’ai compté. Il y a environ 230 pas soit 230 mètres entre la maison et la rivière. Comment mon petit garçon de deux ans aurait pu ouvrir le portail de la cour et parcourir seul cette distance ?", s’interroge Pierrick Dalleau.

Originaire de Saint-André, le Réunionnais contredit les enquêteurs et reste persuadé que son fils a été enlevé. "C’est forcément une grande personne qui l’a pris. D’autant qu’on ne retrouve pas le jouet avec lequel il s’amusait avant sa disparition", s’étonne Pierrick qui part chercher un petit hélicoptère rouge dans le jardin. "Il avait le même en bleu, pourquoi on ne le retrouve pas ? Si Marcus était tombé dans l’eau avec, le jouet devrait flotter."

Noyade, enlèvement : aucune piste n’est écartée trois jours après la disparition de Marcus
Après son arrivée en métropole, Pierrick Dalleau, le père de Marcus, reste persuadé que son fils a été enlevé. ©LP

Entre la maison et le bord de la rivière, le parcours est parsemé d’obstacles pour un garçon de deux ans et demi. Le premier : le portail de la maison, fermé ce jour-là, assure la famille de Marcus. Le second, c’est ce portillon vert à doubles battants censé empêcher le passage des deux-roues.

Noyade, enlèvement : aucune piste n’est écartée trois jours après la disparition de Marcus
Marcus devait franchir ce portillon vert pour arriver jusqu'à la rivière. ©LP

"Il faut passer à la vitesse supérieure"

Beaucoup de questions se bousculent dans la tête de Pierrick Dalleau. Épuisé, indigné, il ne comprend pas pourquoi l’alerte enlèvement n’a pas été déclenchée après la disparition de son fils. "Ils attendent quoi ?, s’interroge le père de famille. Pour l’instant leurs recherches n’ont rien donné, il faut passer à la vitesse supérieure".

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Des avis de recherche sont affichés partout dans la ville depuis vendredi. ©LP

Marcus, seul sur la route avec son jouet ?

Selon une source proche de l’enquête, le petit Marcus aurait été aperçu par des témoins, seul sur la route avec son jouet, à mi-chemin entre la maison et la rivière. Une information que ne confirme pas la gendarmerie.
"Nous continuons à recueillir de nombreux témoignages que nous recoupons. Pour l’instant, nous n’avons rien de déterminant, affirme le commandant Parat en charge de la communication sur cette affaire. Toutes les pistes sont prises au sérieux et aucune n’a été négligée. La proximité de l’Oise et l’hypothèse de la noyade ne doivent pas écarter les autres pistes."

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Les gendarmes prospectent à pieds mais aussi à cheval dans la commune de Butry-sur-Oise. ©LP

Un dispositif de recherches réduit 

Dimanche, près de 1200 volontaires ont répondu à l'appel de la gendarmerie pour quadriller le bois de l'Isle-Adam, à quelques centaines de mètres du lieu de la disparition. Après cette forte mobilisation, les moyens ont été considérablement réduits ce lundi. Une trentaine d’hommes était mobilisée. Des gendarmes ont parcouru la ville à cheval, d’autres longeaient l’Oise à pieds et d’autres encore ont plongé dans la rivière.

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Quatre plongeurs ont sondé les bords de l'Oise ce lundi. ©LP

Quatre plongeurs sondent les berges

Des plongeurs munis de bouteilles, de combinaisons et de masques sont immergés en cordée dans la rivière. Un quatrième homme longe les berges en tenant la corde qui guide les plongeurs dans l’eau. "Il y a trois à quatre mètres de profondeur, constate l’un d’eux. Les bords sont très escarpés, il y a beaucoup de rochers mais heureusement la visibilité est bonne aujourd’hui". Toute l’après-midi, ils ont sondé la rivière à la recherche d’un éventuel corps. 

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Les quatre plongeurs ont ratissé plusieurs centaines de mètres sur tout un côté de la berge. ©LP

L’incompréhension des habitants

Témoins des recherches, des habitants s’approchent pour tenter d’avoir des nouvelles. "On a entendu parler de la disparition du petit garçon, nous ne pouvions pas participer à la battue d’hier, alors nous sommes venus aujourd’hui pour longer les berges et voir si l’on voyait quelque chose", expliquent deux jeunes, résidant près de Butry-sur-Oise. Un couple de retraités habite lui juste à côté de chez la tante de Marcus. "C’est tragique, mais on a du mal à comprendre comment un gamin si petit a pu faire tout ce chemin jusqu’à la rivière", s’interroge cette dame sur ce sentier très fréquenté par les promeneurs et les joggeurs.

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Les bords de l'Oise sont très fréquentés par les promeneurs et les joogeurs. ©LP

Les proches de la famille rassemblés

A quelques mètres de là, au domicile de la tante de Marcus, les visites se succèdent. Des proches de la maman sont arrivés de Lyon, ce lundi. Prêtre, résidant en métropole, le frère de Pierrick Dalleau, est lui aussi arrivé, ce matin, à Paris. Très croyante, la famille prie beaucoup dans l’espoir de revoir le petit garçon sain et sauf. En fin d’après-midi ce lundi, la maman de Marcus a marché quelques pas dans la rue, faisant une nouvelle fois le chemin entre le jardin de la maison et le bord de la rivière.

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D'autres membres de la famille résidant en métropole sont arrivés, à Paris, ce lundi, pour soutenir les parents de Marcus. ©LP

Un appel à témoins 

Ce lundi soir, les recherches n’avaient toujours rien donné. Elles vont se poursuivre mardi, à Butry-sur-Oise. Les gendarmes ont prévu de maintenir le dispositif actuel. Si les conditions le permettent, les plongeurs sonderont à nouveau la rivière, pendant que les enquêteurs continueront les auditions de témoins. Un appel à témoins a été lancé par la préfecture. 

Marcus, décrit comme "métis" de corpulence normale - 12kg pour 85 cm - avec les cheveux et les yeux noirs, portait le jour de sa disparition un pantalon de jogging bleu, un haut beige et bleu et des baskets bleues.
Toute personne ayant des informations peut contacter le 01 30 75 56 00.

Ecoutez ci-dessous le point sur la situation avec Daniel Desfoux, le maire de Butry-sur-Oise, au micro Outre-mer 1ère de Fabienne Acosta : 


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