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Aline Tacite, fondatrice du salon Boucles d’Ebène : "Nous chérissons nos cheveux crépus, frisés, bouclés et ondulés"

La 5e édition du salon Boucles d’Ebène, consacré à l’esthétique du cheveu afro et à la beauté noire, se tient du 30 mai au 1er juin à Paris. Tour d’horizon et présentation avec sa fondatrice, la Guadeloupéenne Aline Tacite. 

La 5e édition du salon Boucles d’Ebène se déroule du 30 mai au 1er juin à Paris. © DR
© DR La 5e édition du salon Boucles d’Ebène se déroule du 30 mai au 1er juin à Paris.
  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le
Depuis 2005, c’est devenu un événement incontournable dans l'Hexagone pour les communautés noires, d’origines africaine et antillaise. Cette année, la 5e édition du salon Boucles d’Ebène (BE) se déroule du 30 mai au 1er juin au très prisé Centquatre dans le XIXe arrondissement de Paris (5 rue Curial) de 10h à 19h.
 
Bien plus qu’une manifestation consacrée à la coiffure, à la mode et à la beauté noire, BE est également un espace de rencontres et de networking, qui rassemble des entrepreneurs et des acteurs économiques venus d’Amérique du Nord, d’Afrique, des Caraïbes et d’Europe. Cette année, 14 pays seront représentés, selon les organisateurs de BE. La culture et la gastronomie seront aussi à l'honneur sur le salon, qui ambitionne de recevoir plus de 10.000 visiteurs sur trois jours. 
 

ECOUTEZ un extrait de l’interview d’Aline Tacite

 
« Le positionnement de Boucles d’Ebène est de chérir nos spécificités, nos cheveux crépus, frisés, bouclés et ondulés, le cheveu afro dans sa diversité. Et de comprendre comment il fonctionne », explique la Guadeloupéenne Aline Tacite, fondatrice avec sa sœur Marina du salon BE en 2005. « L’idée est de diffuser une information pour que le cycle de la transmission se remette en place ; la transmission culturelle du démêlage sans douleur, l’orientation dans le choix de bons produits, dans la manière coiffer ce cheveu sans le traiter de façon trop sévère, ou sans le défriser de façon trop lourde. »
 
« Le cheveu afro est extrêmement chargé d’histoire. Notre cheveu a été discriminé, nié, torturé, et il l’est encore », affirme Aline Tacite. « Dans la plupart des familles, toute femme noire a des histoires à raconter sur ses propres cheveux, et des histoires souvent douloureuses. On ne se rend pas compte de leur portée psychologique. »

REGARDEZ : la fondatrice de Boucles d'Ebène présente l'édition 2015 (avec un petit fou rire en prime)

ITW Aline Tacite

« La question que Boucles d’Ebène pose est comment gérer son cheveu naturel avant de pouvoir utiliser d’autres artifices. Car si on n'utilise systématiquement que les artifices, on n’appréhende et ne chérit jamais son véritable cheveu. Et la question est de savoir pourquoi on décide de l’occulter, alors que l’on a une matière naturelle qui est formidable et que l’on peut transformer à souhait. On peut lisser un cheveu crépu de façon temporaire, faire un brushing, le rendre raide, le boucler, la seule limite c’est la créativité. »
 

EXTRAIT : « Notre cheveu ne s’appréhende pas de la même manière qu’un cheveu européen »

 
Tout autant qu’une question esthétique, sociétale et culturelle, le cheveu et les produits afro sont une énorme affaire de business. « C’est un véritable marché qui est en développement. Il pèse des milliards de dollars dans le monde », souligne la fondatrice de BE, elle-même entrepreneur et ex-assistante de direction trilingue, qui a suivi des formations dans les secteurs de la coiffure et de l'esthétique en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.
 
« Dans les pays anglo-saxons les gens sont bien plus en avance sur la question. Ils se sont imposés avec leurs propres caractéristiques. En termes de produits l’offre est largement développée. Il y a également des spécialistes à profusion, que ce soit pour les locks ou le cheveu naturel », remarque-t-elle. « Et dans le domaine des formations, c’est intégré dans le cursus de la coiffure alors qu’en France le cursus n’intègre pas le cheveu afro. Il ne l’intègre que sous la forme du défrisage. Si on adopte un autre choix, il n’y a aucun spécialiste pour répondre à notre demande. C’est ce problème que Boucle d’Ebène a voulu aborder ».
 
VOIR ICI le site Internet de Boucles d’Ebène et le programme du salon 
 

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