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Les trois "requins" du nickel

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ouvriers du nickel
Ouvriers chinois et indonésiens sur le chantier d'une usine de nickel. ©Alain Jeannin
Les séances atones se suivent et se ressemblent à la bourse des métaux de Londres (LME), malgré un début de baisse des stocks de nickel dans les entrepôts asiatiques. Un sentiment négatif domine toujours le marché, selon l'analyste Triland Metal. 
Le bras de fer entre Bruxelles et la Grèce pèse sur les cours du nickel. L'opposition du gouvernement d'Alexis Tsipras à la privatisation de Larco, le producteur grec de ferronickel, alimente la spéculation.
 

Larco le Grec agace la City

En réaction, le marché londonien du nickel (LME) a effacé tous ses gains enregistrés début juin. Les traders sont hésitants, la spéculation est déprimée. Pour Triland Metal, le prochain support du nickel est à 12.500 dollars la tonne, mais le véritable test sera 12.250 dollars ce qui signifierait un nouveau plus bas annuel pour le métal. "La mauvaise passe se poursuit, mais pour toutes les matières premières" précise Stephen Briggs analyste pour BNP-Paribas à Londres. "La grande inconnue, c'est le niveau réel de la demande chinoise en nickel pour l'acier inoxydable, car les chiffres sont invérifiables" conclut M.Briggs.
 

Sous le chapeau chinois

Le nickel ne manque pas. Les stocks du LME sont encore pleins. Les réserves chinoises de minerai entreposées dans les cinq premiers ports de Chine - Tianjin, Rizhao, Lanshan, Lianyungang et Jingtang - sont estimées entre 8 et 15 millions de tonnes de minerai de nickel selon les périodes de référence. Cette "zone grise" entretient les incertitudes et fragilise un marché dont le principal consommateur, la Chine, dissimule son jeu et pèse lourdement sur les cours du nickel. Selon les analystes du cercle Cyclope, le surplus chinois pourrait néanmoins finir par s'épuiser. Mais quand ? A l'occasion de la dernière assemblée générale d'Eramet, Patrick Buffet, le président du groupe minier français soulignait également la responsabilité chinoise : "l'apparition soudaine de quantités considérables de métal chinois dans les entrepôts asiatiques du LME explique la hausse des stocks et la rechute brutale des cours du nickel".
 

Les ambitions de Jakarta

Pour ne rien arranger, la Chine participe à l'édification d'une industrie métallurgique du nickel en Indonésie. Une co-entreprise dominée par l'aciériste chinois Tsingshan Holding a investi 722 millions de dollars dans la construction d'une grande fonderie de nickel qui sera opérationnelle dans quelques semaines. Dans le sud de l'archipel, Ningbo Metall a mis en service un haut fourneau de 18.000 tonnes de nickel. La production indonésienne de métal devrait passer de 1000 tonnes en 2014 à 46.000 tonnes en 2015 puis 150.000 tonnes en 2017. À cette date, l'Indonésie dépasserait la production de la Nouvelle-Calédonie, confrontée aux incidents industriels de Glencore et Vale. 
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