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Ministre noire comparée à un orang-outan en Italie: le sénateur garde son immunité

Cécile Kyenge, ex-ministre italienne de l'Intégration, originaire du Congo, a exprimé son amertume après la décision du Sénat de bloquer les poursuites contre un élu d'extrême droite qui l'avait comparée à un orang-outan.

La ministre italienne de l'Intégration Cecile Kyenge a subi de nombreuses attaques racistes depuis son accession au gouvernement. Insultes, menaces et jets de bananes sont quasiment devenus son quotidien. © GABRIEL BOUYS / AFP
© GABRIEL BOUYS / AFP La ministre italienne de l'Intégration Cecile Kyenge a subi de nombreuses attaques racistes depuis son accession au gouvernement. Insultes, menaces et jets de bananes sont quasiment devenus son quotidien.
  • La1ere.fr avec AFP
  • Publié le , mis à jour le
"Je suis triste et amère", a réagi Cécile Kyenge sur Facebook. "Le message de ce vote est que la politique est irresponsable, que rien n'empêche l'usage de paroles qui enveniment la société, semant la haine raciale".
 

"Quand je vois les photos..."

Roberto Calderoli, sénateur de la Ligue du Nord (proche du Front national français), avait déclaré lors d'un meeting politique en juillet 2013: "Quand je vois les photos de Kyenge, je ne peux pas m'empêcher de penser à un orang-outan". Député européenne du Parti démocrate (PD, centre-gauche), Mme Kyenge était alors la première -- et jusqu'à présent la seule -- ministre noire d'Italie, et subissait de nombreuses attaques.


Des excuses

Vice-président du Sénat, M. Calderoli a présenté ses excuses, mais le parquet de Bergame (nord) avait engagé des poursuites pour diffamation et incitation à la haine raciale. Par 126 voix, dont certains élus du PD, contre 116 et 10 abstentions mercredi, le Sénat n'a cependant accepté de lever l'immunité de M. Calderoli que pour la diffamation, estimant que les élus ne pouvaient être poursuivis pour des opinions exprimées dans l'exercice de leurs fonctions. Comme la diffamation ne pouvait être maintenue seule pour des raisons de procédure, le vote a de fait bloqué les poursuites.
 
 

"J'ai pardonné"

"J'ai pardonné à Calderoli, mais il ne s'agit pas d'une affaire personnelle. C'est une question de principe, parce que le message que les institutions envoient à nos jeunes est dévastateur", a ajouté l'ancienne ministre.

De l'autre côté des Alpes, la cour d'appel de Paris a confirmé jeudi l'amende de 10.000 euros pour injures raciales au journal d'extrême droite Minute après une Une comparant la ministre française de la Justice, originaire de Guyane, Christiane Taubira à un singe.
 

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