Glencore, partenaire financier de Koniambo Nickel, repart à la hausse

Métal de nickel en fusion dans une usine métallurgique.
Pour Citigroup la dépréciation boursière de Glencore est excessive. La banque américaine est l'un des principaux acteurs de la Bourse des métaux de Londres. Glencore pourrait céder des "actifs agricoles". Le nickel calédonien n'en fait pas partie. Mardi, l'action Glencore progresse de 16 %.
De toutes les sociétés minières à souffrir de la déroute des prix des matières premières, Glencore est la plus emblématique. La série de rapports négatifs d'analystes sur la société basée en Suisse s'est traduite par le départ d'importants investisseurs et la fuite de milliers de petits actionnaires.

Fusion

La pression exercée sur le PDG, Yvan Glasenberg, est énorme quand chaque jour qui passe se traduit par des pertes qui atteignent des dizaines de millions d'euros. Pourtant, en mai 2013, la fusion dominante de Glencore avec Xstrata avait créé un titan de l'industrie, de l'exploitation minière et du négoce. Mais un géant fragile et lourdement endetté, près de 30 milliards de dollars. La méga fusion avec Xstrata a abouti à une réduction de valeur pour Glencore de 7,5 milliards de dollars. 

Glencore

L'entité Glencore-Xstrata a choisi de s'orienter dans le sens voulu par les marché financiers; moins de négoce et de commercialisation des matières premières, plus d'activités industrielles. Les investisseurs et les analystes, se sont retournés sans états d'âme contre les choix stratégiques de l'entreprise quand celle-ci a subi de plein fouet la chute du prix des matières premières et la dévalorisation de ses actifs industriels et miniers. Oubliant un peu vite que Glencore dispose du premier réseau mondial pour l'ensemble des matières premières. Une position enviée mais très dépendante des commandes de métaux qui ont fortement baissé.

Le ralentissement de la demande chinoise arrive donc au plus mauvais moment dans un contexte de dépréciation des matières premières. Heureusement, Glencore a renoncé à sa fusion envisagée l'été dernier avec un autre géant minier, l'australien Rio Tinto. Cette fusion, si elle avait eu lieu, aurait accru son endettement et ses pertes de façon désastreuse.

KNS n'est pas un actif agricole

En Nouvelle-Calédonie, Glencore comme Vale et le français Eramet-SLN luttent comme ils peuvent contre l'effondrement des cours du nickel. Aucun analyste, aucun producteur de nickel ne pouvait prévoir l'ampleur du ralentissement en Chine et la chute brutale des commandes de l'industrie sidérurgique de l'acier inoxydable à base de nickel.

Glencore n'a sans doute pas l'intention de vendre ou de déprécier sa participation dans KNS. Bien au contraire. Un expert du dossier indique que "Glencore pourrait temporairement décider de réduire la voilure, de tourner au ralenti, pour optimiser son usine calédonienne, dans l'attente d'une reprise des cours du nickel". Une décision qui vient d'être prise en Zambie pour une durée de 18 mois. A Zug en Suisse, la direction de Glencore se refuse à tout commentaire sauf pour réaffirmer que rien n'a changé en Nouvelle-Calédonie : " Glencore demeure le partenaire financier de KNS ".

Bataille d'analystes

Yvan Glasenberg est au cœur de l'histoire de Glencore depuis 1984, date à laquelle il a rejoint la division charbon de la firme. Sa rhétorique brillante sur les matières premières et les activités humaines a longtemps rassuré les investisseurs, même dans les périodes difficiles. L'homme d'affaires a une réputation de négociateur avisé. Lundi, la secousse a donc été violente, la firme et son PDG ont été fragilisés par les prévisions très alarmistes des analystes de Goldman Sachs et Investec. Trop alarmistes ?

En tout cas, mardi à Londres, Citigroup, l'un des principaux acteurs du LME a pris la défense de Glencore : "nous pensons que la réponse du marché est excessive". Citigroup ajoute que Glencore va rapidement effectuer une "transaction ciblée et/ou une vente d'actifs dans l'activité agricole […] ce qui aurait un impact positif sur le crédit et les capitaux propres". Au risque de le répéter, l'usine KNS et le nickel du Koniambo ne sont pas des actifs agricoles.