Regain d'optimisme pour le nickel : Eramet-SLN en hausse de 10 %

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Photo Alain Jeannin
Photo Alain Jeannin. Alliage de ferronickel calédonien SLN25 Eramet
La consolidation du nickel se confirme à la Bourse des métaux de Londres. 10 000 tonnes de métal sont sorties des entrepôts du LME. Les stocks sont en légère baisse. Le groupe Eramet (SLN) progresse de plus de 10% mercredi à la Bourse de Paris. Toutes les compagnies minières repartent à la hausse.

La demande chinoise surprend

Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas. Après le vent de pessimisme et les attaques spéculatives contre les producteurs miniers, de nouveaux chiffres sont venus démentir et étouffer la spéculation négative sur Glencore mais aussi sur le groupe français Eramet. Indicateur essentiel, les importations chinoises de métal et de ferro-nickel ont augmenté de 23 % en juillet. Elles sont en hausse de 168 % sur l'année selon les chiffres communiqués par le Metal Bulletin de Londres.

Toujours selon le M.B : " un changement favorable à une dynamique du nickel est en train de s'amorcer ". Ce constat recoupe l'opinion des principaux acteurs du marché qui se sont réunis la semaine dernière à Jakarta pour la troisième Asia Nickel Conférence. Stephen Bruges, analyste du nickel pour BNP-Paribas précise : " la production mondiale de nickel a baissé de 3,5 %. Les cours du nickel vont remonter, lentement, mais sûrement, car nous serons en déficit courant 2016".


Les cours remontent en Asie

À Londres, le prix de la tonne de métal offre une résistance nouvelle et supérieure à 10 000 dollars la tonne selon les prévisions à trois mois de la Bourse des métaux (LME). En Chine, le Shanghai Metal Exchange (SHME) qui est la déclinaison asiatique du LME, affiche un cours du nickel en progression de plus de 2 % mercredi, à 11 000 dollars la tonne.

Selon Daniel Hynes analyste chez Australia and New Zealand Banking Group ( ANZ Bank) : " le marché du nickel se dirige vers un déficit structurel d'environ 140 000 tonnes d'ici 2018. La reprise des cours du métal, amorcée ces derniers jours, pourrait s'intensifier dans les prochains mois si les signes en provenance des entrepôts du LME confirment un début de baisse des stocks mondiaux de nickel". 


L'Indonésie acteur majeur

Les conférences se succèdent à Jakarta. Après celle du Metal Bulletin en septembre, c'est au tour du Shanghai Metal Exchange de réunir les principaux acteurs du marché le 19 novembre prochain. Traders, industriels, mineurs, négociants, en tout une centaine de participants sont annoncés - mais aucun participant de Nouvelle-Calédonie - pour évoquer les grandes questions et l'avenir de l'industrie mondiale du nickel.
L'Indonésie a mis en place un embargo sur ses exportations de minerais, le pays est engagé dans une politique de projets métallurgiques qui n'entreront pas en production avant la fin de la décennie.


Eramet accélère à Paris

L'action du groupe minier implanté en Nouvelle-Calédonie profite de l'effervescence spéculative qui entoure les valeurs du secteur des matières premières. Les rumeurs positives autour du géant anglo-suisse Glencore qui détient 49 % du complexe métallurgique KNS en Nouvelle-Calédonie alimentent le regain d'intérêt pour les sociétés minières. Eramet qui détient de grands gisements de nickel en Nouvelle-Calédonie mais aussi de manganèse au Gabon bénéficie d'un carnet de commandes bien rempli : L'industrie aéronautique en pleine croissance, mais aussi l'industrie américaine de l'acier inoxydable sont des clients traditionnels du métallurgistes français. Cette semaine, le groupe minier et métallurgique français progresse de 15 % à la Bourse de Paris.