L'atterrissage d'urgence d'un avion Air France au Kenya dû à "une fausse alerte"

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colis suspect Kenya
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L'incident qui a provoqué l'atterrissage en urgence à Mombasa, au Kenya, d'un avion d'Air France, en provenance de l'île Maurice et à destination de Paris, était "une fausse alerte", a annoncé dimanche le PDG de la compagnie aérienne, Frédéric Gagey.
L'objet suspect découvert était "un ensemble composé de cartons et d'une espèce de minuteur", a ajouté Frédéric Gagey, lors d'une conférence de presse. "Après analyse,
il s'agit d'une fausse alerte (...) d'après les informations dont nous disposons",
a-t-il dit.
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Il n'y avait pas d'explosifs à bord

Après examen des photos de l'objet en question, "il n'y avait rien qui présentait un caractère dangereux" pour l'avion, les passagers ou l'équipage, a poursuivi le PDG d'Air France, répétant plusieurs fois qu'il n'y avait pas d'explosifs à bord. Un peu plus tôt dans la journée, une source interne à Air France avait décrit l'objet retrouvé comme étant composé de deux horloges digitales transparentes avec deux horaires différents, sans a priori de décompte, d'un fil noir ressemblant à une antenne de radio-réveil, et de quatre cartons rectangulaires reliés par un adhésif et des pinces métalliques. "Rien à ce stade ne permet de dire qu'il y a eu une faille dans le dispositif de sûreté à l'escale de l'île Maurice", a assuré Frédéric Gagey Toutefois, "des mesures de sûreté complémentaires seront mises en place pour les prochains vols" partant de cet aéroport, a-t-il ajouté.

C'est un passager qui a découvert l'objet en question

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Le vol AF 463, avec 459 personnes à bord et 14 membres d'équipage, avait quitté l'île Maurice à 21H00 locales (17H00 GMT) et devait arriver l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, près de Paris, à 05H50 locales (04H50 GMT). Il a atterri à l'aéroport international Moi de Mombasa, sur la côte est du Kenya, à 00H37 locales (21H37 GMT), après qu'un colis suspect a été découvert dans des toilettes.

D'après M. Gagey, c'est un passager qui a découvert l'objet en question. Il se trouvait "dans un petit placard situé derrière un miroir" dans les toilettes de l'avion. Cet endroit,
ainsi que l'ensemble des placards, avait fait l'objet "d'une visite de sûreté" de la part de l'équipage avant le décollage. Rien n'y avait été découvert, a indiqué le PDG.
Interrogé sur le fait que l'engin aurait pu être déposé pendant le vol, le PDG a répondu: "C'est votre déduction." "Mais comme il y a eu une visite avant le vol et qu'on ne l'a pas trouvé, je pense qu'il a sans doute été placé là pendant le vol", a-t-il ajouté.

Une mauvaise plaisanterie

Frédéric Gagey a plusieurs fois évoqué le fait que cette fausse alerte résultait visiblement d'un acte de "malveillance" et de ce qui s'apparenterait à une "mauvaise plaisanterie". "C'est un acte extrêmement agressif à notre encontre", a-t-il souligné Air France "va demander l'ouverture d'une enquête pour tirer les choses au clair",
et notamment estimer les suites judiciaires qui pourraient intervenir, a-t-il annoncé.

Frédéric Gagey a précisé qu'Air France a eu à subir trois fausses alertes à la bombe à bord de ses avions "sur le territoire américain" au cours des 15 derniers jours, "en plus de celle sur l'avion en provenance de l'île Maurice". Il a indiqué que les passagers de l'avion dérouté sur Mombasa devraient être de retour en France dans la nuit de dimanche à lundi ou lundi matin.

Toutes les mesures de sécurité et de sûreté ont été respectées

Flore Arrighi, présidente du syndicat d'hôtesses et stewards Unac, a salué le "professionnalisme" et le "sang-froid" de l'équipage. "Ils ont su contenir l'inquiétude des passages à bord. La grande qualité de l'entraînement que suivent les personnels navigants tout au long de leur carrière leur permet de faire face à ce genre d'événement", a-t-elle expliqué à l'AFP .

À sa connaissance, "toutes les mesures de sécurité et de sûreté ont été respectées" lors de ce vol. La France a instauré l'état d'urgence après les attentats du 13 novembre qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis.

Le groupe jihadiste État islamique (EI), qui a revendiqué ces attaques, a également affirmé être responsable du crash d'un avion russe en octobre en Égypte, qui a coûté la vie aux 224 personnes à bord.