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[SERIE] "Noël loin des siens" (6/6) : le Noël solitaire d'Anli Mansour Ibrahim, étudiant mahorais

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Anli Mansour
DR / Anli Mansour Ibrahim
A l'approche des fêtes de fin d'année, La1ere.fr est partie à la rencontre de jeunes Ultramarins qui restent en métropole pendant les vacances de Noël. Anli Mansour Ibrahim, étudiant mahorais, raconte sa solitude métropolitaine.
Pas de réveillon ni de sapin pour Anli Mansour Ibrahim. L'étudiant mahorais de 22 ans a passé Noël seul dans son studio de Limoges. "Comme depuis 2012, année où je suis arrivé en France", soupire-t-il. "Je suis rentré une seule fois à Mayotte en 3 ans et ma famille n'est pas venue me voir. Je n'ai pas les moyens pour faire l'aller-retour", confie-t-il.
 
Originaire de la commune de Labattoir, Anli Mansour est en première année d'administration économique et sociale dans la capitale limousine. "J'ai d'abord fait une licence en sciences, avant de me réorienter", explique celui qui rêve de monter une chaîne de grande distribution à Mayotte.
 

Noël : "un moment convivial" pour les musulmans de Mayotte

Comme beaucoup de Mahorais, le jeune homme souffre de l'éloignement. Une distance qui se fait encore plus ressentir lors des fêtes de fin d'année : "mes amis de Mayotte sont allés voir de la famille qui vit dans l'Hexagone. Je ne connais personne qui reste. Cette semaine, si je sors, c'est pour faire un petit tour dans les magasins. Ici, mes Noëls sont tous les mêmes..."

anli mansour
DR / Anli Mansour veut rentrer à Mayotte.
 
Anli Mansour est musulman, à l'instar d'une grande partie des habitants de son île natale. "Bien que l'on soit musulman, la période de Noël est le moment où l'on se rassemble en famille". Et d'évoquer avec nostalgie les barbecues sur la plage avec ses proches "qui durent une semaine. Tout le monde se retrouve. Il n'y a pas de cadeaux, mais c'est convivial".  
 

Un retour à Mayotte en perspective

Depuis l'été dernier, Anli Mansour a décidé de rentrer à Mayotte dès que possible. Il a fait sa demande de retour définitif à LADOM (agence de l'Outre-mer pour la mobilité) mais a essuyé un refus qu'il "ne comprend pas. Je vais refaire une demande mais les Mahorais ne sont vraiment pas aidés. Je me sens prisonnier en France", déplore-t-il. De plus, il ne reçoit plus la bourse d'études du CROUS, n'ayant pas validé sa précédente année universitaire, ce qui l'handicape financièrement. 

Ses maigres revenus ne lui permettent pas de s'offrir lui-même le billet. Pour survivre au quotidien, il s'est inscrit dans une agence d'intérim et cumule les "petits boulots temporaires comme de la préparation de commandes en usine". Une fois que la période des fêtes sera passée, Anli Mansour compte bien remuer ciel et terre pour retrouver les siens et la chaleur de son île qui lui manque tant. 

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