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Un chef de gang haïtien rejugé à Créteil à partir de ce lundi pour enlèvement et meurtre

Amaral Duclona, le chef d'un gang haïtien, est rejugé en appel à partir de lundi à Créteil pour l'enlèvement, la séquestration et le meurtre sur fond politique d'un chef d'entreprise franco-haïtien, Claude Bernard Lauture, en 2004 à Port-au-Prince.

Dessin de presse réalisé lors du 1er procès d'Amaral Duclona, en 2014 à Paris © BENOIT PEYRUCQ / AFP
© BENOIT PEYRUCQ / AFP Dessin de presse réalisé lors du 1er procès d'Amaral Duclona, en 2014 à Paris
  • La1ere.fr avec AFP
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En mai 2014, celui que l'avocat général avait qualifié de "chef de gang sanguinaire", avait été condamné à 25 ans de réclusion avec une peine de sûreté des deux-tiers. Au cours du procès, l'ombre de l'ancien président d'Haïti Jean-Bertrand Aristide avait plané sur les débats, la famille de la victime étant persuadée que l'enlèvement avait été télécommandé par le pouvoir. "Le mobile politique est évident", avait affirmé l'avocat général. 
 

Enlèvement à Cité soleil

Amaral Duclona, alias Berthone Jolicoeur, 34 ans, était le chef d'un des gangs de "chimères", activistes armés proches d'Aristide, à Cité Soleil, le plus grand bidonville de la capitale haïtienne. Le 6 janvier 2004, le chef d'entreprise Claude Bernard Lauture, personnalité respectée dans l'île, avait été enlevé par trois hommes armés alors qu'il circulait en voiture.
 
Quelques heures plus tard, il téléphonait à son frère et lui expliquait qu'il ne serait relâché que contre le paiement d'une rançon de 100.000 dollars. La somme devait être versée par "Gladys", une riche tante de la victime, membre de l'entourage présidentiel. Le lendemain, son corps était retrouvé à Cité Soleil, tué d'une rafale dans le dos.
 
 

Dépôt de plainte en France

Selon la famille, la victime se disait menacée pour avoir participé à des manifestations anti-Aristide. Il avait choisi peu avant son enlèvement de rejoindre "le groupe des 184", opposé au régime.  C'est principalement un téléphone retrouvé sur les lieux du rapt, identifié comme appartenant à un lieutenant d'Amaral Duclona, qui allait faire avancer l'enquête, lancée en France après un dépôt de plainte de la veuve de Claude Bernard Lauture.

Le jour des faits, ce téléphone avait été appelé à 21 reprises par une ligne attribuée à Duclona, à partir de laquelle la demande de rançon avait également été formulée. Ce téléphone avait également été régulièrement utilisé pour appeler le contact de Duclona à la présidence.
 
 

Extradé en 2010

En première instance, la défense d'Amaral Duclona, arrêté en septembre 2009 en République dominicaine et extradé en France en 2010, avait mis en avant les manquements et faiblesses de l'enquête de la police haïtienne.  A l'inverse, pour l'accusation, le dossier avait apporté "des preuves accablantes
et irréfutables" prouvant l'implication de Duclona.  Le procès doit se tenir jusqu'à vendredi. 
 

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