AK-A, l'agence d’ethnomarketing qui monte

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©Agence AK-A
Entreprise de conseil stratégique, de communication et de marketing ethnique basée à Paris, l’agence AK-A est aussi connue pour l’organisation de la "Natural Hair Academy", "Brown Sugar Days" et "Brown Sugar Comedy". Entretien avec son directeur associé, le Guadeloupéen Didier Mandin.
C’est une start-up incontournable au sein de la communauté afro-française. Depuis 2005, l’agence AK-A (pour « African Karibean Awareness ») est une entreprise qui s’est taillée une excellente réputation dans le « conseil et la communication en ethnomarketing », « spécialisée sur les populations originaires d'Afrique subsaharienne et des Dom Tom ».
 
Sur les quatre actionnaires de l’agence, Gwladys et Didier Mandin, frère et sœur dans la vie, ainsi que leur cousin Pascal, sont d’origine guadeloupéenne. AK-A, nichée dans un petit open space dans le deuxième arrondissement de Paris, compte au total six salariés. Auteur de nombreuses études beauté en ethnomarketing, réservées à ses clients mais également au grand public, l’entreprise est surtout connue pour ses deux séries d’évènements à succès : la Natural Hair Academy (NHA) et Brown Sugar Days, le Festival du film afro-américain au Grand Rex de Paris.
 

Les "Brown Sugar Days" ont rempli le Grand Rex 

La NHA a déjà organisé cinq éditions, dont la dernière, en juin 2016 au Parc Floral de Paris, a rassemblé quelque 4500 personnes venues du monde entier, sur 6000 m2 d’exposition, avec des intervenantes de marque comme l’ex-ministre de la Justice Christiane Taubira et la militante afro-américaine Michaela A. Davis. Cette année, la Natural Hair Academy 2017 se tiendra également au Parc Floral au mois de juin. Quant aux Brown Sugar Days, ils ont rempli le Grand Rex de Paris à quatre reprises, avec des films afro-américain (en majorité) et antillais, dont une avant-première du « Gang des Antillais » en octobre.       

NHA 2016
Prise de vue durant la NHA 2016 au Parc Floral de Paris. ©Willy "WinniePix" Peraste

ECOUTEZ : Didier Mandin (photo) évoque la création de l’événement "Brown Sugar Days"

« On a fait un constat assez clair, c’est que les films afro-américains qui marchaient très fort aux Etats-Unis n’étaient pas diffusés en France. On avait l’idée de faire quelque chose, et on s’est décidé en essayant d’atteindre des exigences de qualité. » 


Le 16 janvier, l’agence AK-A a aussi organisé un nouvel événement : la Brown Sugar Comedy, qui a fait salle comble au célèbre Bobino de Paris, pour une soirée humour 100% afro, avec des artistes déjà reconnus par les médias traditionnels ou sur les réseaux sociaux (Fary, Dicosh, Mat le Buzz, Waly Dia… entre autres).
 

"Il faut déconstruire certains mécanismes"

Didier Mandin et son agence souhaitent « offrir le meilleur espace d’expression » aux talents de la communauté noire en France. « Notre leitmotiv c’est de les mettre en avant », explique-t-il. « Dans l’esprit de certains décideurs, le public, en particulier au cinéma et à la télévision, n’est pas prêt et ne va pas s’identifier. Cela ne pose aucun problème quand c’est Will Smith ou Denzel Washington, mais on a l’impression que dès que c’est un acteur noir français, là c’est différent. Nous, nous pensons que le public n’est pas de cet avis-là !»

BSC 2017
Photo des artistes et salle comble à l'événement "Black Sugar Comedy", le 16 janvier 2017 au Bobino à Paris. ©Laura Gilli

Et Didier Mandin de souligner qu’il n’y a pas que des Noirs, loin s’en faut, qui assistent aux événements que son agence organise. « Il faut déconstruire certains mécanismes, car les gens reconnaissent le talent, quel qu’il soit. C’est à nous de le faire, sans se poser de questions, car il y aura toujours une raison de ne rien faire. Donc, faisons ».
 

AUDIO : Didier Mandin parle de l’émulation à l’œuvre au sein de la communauté noire

« Il y a des ponts très importants qui sont en train de se créer. (…) On a des codes et une histoire commune très forte. Du coup ça fonctionne. On est pas dans la division. (…) Nous voulons une résonnance économique à tout ça. Nous voulons un modèle économique derrière. Pas que pour nous, mais pour tous les gens qui travaillent avec nous. »

 

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