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Alex Thomson à l'arrivée de la Route du Rhum après son échouage : "J'ai regardé et j'ai vu que j'étais sur la Guadeloupe"

voile
ALex Thomson
Alex Thomson a retrouvé sa famille, à l'arrivée à Pointe-à-Pitre ©vincent curutchet / DPPI Media / DPPI
Le marin britannique est arrivé à Pointe-à-Pitre après une dernière nuit rocambolesque. Il s'est échoué sur la côte guadeloupéenne à quelques heures seulement de l'arrivée. Pénalisé de 24 heures par le jury, il ne gagnera pas la Route du Rhum dans sa catégorie. Mais il relativise. 
"C'est la vie", a lancé en français le Britannique Alex Thomson (Hugo Boss) vendredi à son arrivée dans la marina de Pointe-à-Pitre après avoir coupé la ligne de la
Route du Rhum, dix heures après avoir percuté sévèrement une falaise. Le skipper, qui a dû utiliser son moteur pour se dégager de la falaise, a écopé d'une pénalité de 24 heures et, bien qu'il a franchi la ligne en tant que premier Imoca de la course (monocoque de 18 m), il ne sera pas le vainqueur dans sa catégorie.
bateau alex thomson abimé
Les dégâts sont bien visibles sur la coque du monocoque du Britannique ©vincent curutchet / DPPI Media / DPPI
    
Q: Que ressentez-vous après avoir pu couper la ligne ? 
R: "Je suis content d'être ici avec le bateau. La nuit dernière (de jeudi à vendredi) aurait pu être pire. C'est triste pour moi, pour le bateau, pour l'équipe. J'imagine que vous êtes tous au courant, le jury a décidé de m'infliger une pénalité de 24 heures, ce qui veut dire que je ne gagnerai pas la Route du Rhum (en Imoca). Je pense que c'est juste parce que je ne devais pas gagner après m'être échoué. Ce sport est une histoire de détails et le dernier détail, je ne l'ai pas bien fait".
    
Q: Que s'est-il passé la nuit dernière ?
R: "Je suis allé dans les rochers. Je me sens très chanceux d'être ici avec le bateau. Je me sens honoré d'être arrivé ici au ponton par mes propres moyens. J'ai un souvenir, un morceau de rocher !"    
Thomson et le rocher
©LOIC VENANCE / AFP

Q: Vous êtes vous endormi ? 
R: "J'étais à deux heures et demie d'empanner (virer de bord). J'allais être près de la côte. Je me suis dit que j'avais le temps d'aller dormir un peu. Je me suis dit: 'ça va aller, j'ai ma montre qui envoie des petites décharges électriques'. Je pense qu'elle était déchargée. Je n'ai pas entendu l'alarme audio. Je me suis réveillé, le bateau allait bizarrement. Je suis monté sur le pont et j'ai pu voir la Guadeloupe. Mais je ne comprenais pas où j'étais. J'ai regardé et j'ai vu que j'étais sur la Guadeloupe. C'est un détail. Je ne peux pas me sentir trop mal, je pense à Armel Le Cléac'h qui a chaviré (le 6 novembre). Donc, je suis content d'être là".
    
Q: Vous aviez fait une belle course jusque-là... 
R: "Oui, je pense que j'avais fait une belle course. J'espère que Paul (Meilhat) va gagner, j'en serais heureux. Avec un bateau sans foils. Il me tarde de l'accueillir. Tout ce que je peux faire c'est vivre et apprendre. Rester fort, apprendre, devenir meilleur... Je voulais gagner cette course, l'objectif est de gagner le Vendée Globe. Je pense avoir prouvé sur cette course que je peux le faire. Je voulais attaquer dès le début, pousser au maximum, montrer ce dont est capable le bateau, ce dont je suis capable aussi. Je pense que je l'ai montré. Finir avec une demi journée d'avance (sur le deuxième), c'est beaucoup".
conf presse d'Alex Thomson
©vincent curutchet / DPPI Media / DPPI
    
Q: Vous avez navigué largement plus vie que les autres...
R: "Mais vous savez, c'était pareil sur le Vendée Globe. Je voulais gagner cette Route du Rhum parce que je pense que j'aurais dû gagner le Vendée Globe (il a fini 2e en 2016/2017, NDLR). Ce bateau mérite de le gagner. Ce bateau ne gagne pas la Route du Rhum mais c'est le vainqueur moral. C'est tout. Que puis-je dire ? Comme
vous dites en France: 'c'est la vie' (mots dits en français)"
 
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