Archives d'Outre-mer : toute la lumière sur les fêtes tamoules à La Réunion

Festivités du Dipavali Saint André de la Réunion 2006
A La Réunion, la 31 ème édition de la fête des Lumières a été annulée en raison de la crise sanitaire du Covid-19. Les archives d'Outre-mer ont choisi de vous faire revivre l'une des premières éditions du Dipavali de Saint-André et de partir à la découverte de la commauté tamoule réunionnaise.

Les origines de la communauté indienne de la Réunion

La présence indienne à La Réunion remonte aux origines du peuplement de l'île au 17ème siècle. En 1679, des Indiennes de Goa sont amenées sur l'île Bourbon pour devenir les compagnes des colons. Puis au 18ème siècle, on fait venir des comptoirs français d'autres indiens, ces esclaves travailleront sur les plantations. En 1848, c'est l'abolition de l'esclavage et avec elle une arrivée massive d'Indiens "engagés du sucre" qui vont travailler pour les propriétaires terriens. 


Spécificités des différentes communautés indiennes

Il n’est pas toujours simple pour le néophyte de bien appréhender les spécificités des différentes communautés indiennes à La Réunion, qui se distinguent par leurs origines et par leurs pratiques religieuses. 

La plus ancienne et la plus grande majorité des Indiens réunionnais qui forme la communauté des "Malbars" est d’origine tamoule, une région du Sud de l’Inde, et ils pratiquent l’hindouisme "tamoule".

D’origine plus récente, les Indiens réunionnais de l’ouest de l’Inde (État du Gujarat) sont appelées les "Zarabes" et sont des musulmans sunnites.

Enfin, les Indiens ayant initialement émigré à Madagascar puis à La Réunion sont appelés les "Karanes" et sont des musulmans chiites. 
 

Pratiques des rites et des croyances

Lorsque les travailleurs Indiens engagés arrivent sur l’île, on leur interdit de prier leurs dieux hindous et de pratiquer leur religion. Ils sont alors obligés de suivre la religion chrétienne.

Actuellement, la religion hindoue est reconnue et valorisée sur l’ensemble de l’île. La pratique des rituels hindous peut être quotidienne ou à l'occasion d'événements tels que la naissance, la mort ou bien le mariage.

Les fêtes tamoules célébrées sont : 

►Cavadee
Le Cavadee (Kavadi) Fête des 10 jours qui puise ses origines dans la mythologie tamoule et célèbre chaque année le dieu Mourouga, chef des armées célestes, dieu de la jeunesse et de la beauté. Le Cavadee est un rituel de purification, de rédemption et de victoire sur soi sur le long et difficile chemin de la spiritualité. Après une période de carême de 10 jours où les pénitents doivent se purifier (prières, jeûnes, abstinence), le dernier jour se conclue par d’impressionnantes processions où les fidèles défilent sur plusieurs kilomètres, le visage (langue) et le corps transpercé d’aiguilles en forme de Vel (lance sacrée) ou de crochets, qui symbolisent le voeu de silence et sont censées favoriser la circulation de l’énergie solaire. 
Célébrations du Cavadee 2004 Saint-André de La Réunion

►Pongol
Dans les régions tamoules du sud de l’Inde, Pongol est la grande fête de la moisson du riz qui permet de remercier le dieu soleil Suryia pour les bonnes récoltes, et qui marque le passage d’une année agricole à l’autre. A La Réunion, Pongol constituait jadis la fête majeure de la communauté tamoule. Les propriétaires sucriers offraient 2 à 3 jours de "congés" aux engagés et prenaient à leur charge les frais de cette grande fête organisée à la fin de la campagne sucrière. 

►Le Nouvel An Tamoul : Puthandu
Le Nouvel An Tamoul est célébré chaque année par la communauté indienne de La Réunion. Ce jour, aussi appelé Puthandu, célèbre la création de l’univers par le dieu Brahma et symbolise également le jour du renouveau pour la communauté tamoule. Cette fête religieuse et familiale est l’occasion de remercier les divinités, de faire des offrandes et des bains de purification, de recevoir au temple les prévisions du Pandjangam.

►Karli
La fête de Karli (Kali) est une célébration religieuse tamoule en l’honneur de la déesse guerrière Karli (Kali), destructrice impitoyable pour les démons, elle est une mère protectrice et gracieuse pour les bons. Après un jeûne de 8 jours, la cérémonie commence par des prières rythmées aux sons des tambours et des cloches, puis les cabris et les coqs offerts en offrande sont bénis et amenés à l’autel sur lequel ils sont sacrifiés, selon un rituel bien précis. Les animaux sont ensuite découpés et préparés pour faire un repas qui sera béni et partagé avec tous les fidèles et même des invités profanes. Ce rituel sacrificiel qui fait l’objet de controverses n’en reste pas moins un élément saillant de la culture et des traditions tamoules réunionnaises. Les fêtes de Karli sont célébrées traditionnellement en janvier, août et septembre, en fonction des communes.

►Dipavali
Le Dipavali (Diwali) ou Fête de la Lumière est initialement une fête familiale. Elle est devenue en quelques années à La Réunion la manifestation la plus populaire de la communauté tamoule. On cite plusieurs origines légendaires à cette célébration qui symbolise la victoire du bien sur le mal et de la lumière sur les ténèbres, et elle est à La Réunion l’occasion de célébrer la déesse Lakshmî, déesse de la Lumière et de la Prospérité. Dipavali est célébré la nuit la plus sombre de l’année, dans la quatorzième phase de la lune descendante au mois d’Ashvina du calendrier hindouiste (octobre / novembre). Les fidèles défilent à la nuit tombée en costume indien traditionnel et se déplacent avec des bougies en procession nocturne. La fête s’accompagne de nombreuses animations et spectacles de danse notamment, et vise plus généralement à faire connaître et promouvoir les traditions culturelles indiennes et tamoules.

Partez à la découverte de cette communauté et de ses rites avec ce reportage INA extrait du magazine "Mascarines" diffusé en 1991 : 
 


La fête de la lumière ou Dipavali

En 1990, l'association Tamij Sangam est à l’initiative du premier Dipavali organisé à La Réunion. Le but de l’association est de faire connaître la culture tamoule et l’Hindouisme au plus grand nombre. L’association propose par exemple des cours de tamoul, "faire sortir la culture hors des temples" reste le maître mot président de Tamij Sangam, Selvam Chanemougame.

Le Dipavali célébré avec faste à Saint-André est incontestablement la plus belle réussite à mettre au crédit de l’association. Cette fête est devenue un rendez-vous incontournable de la culture tamoule qui attire chaque année 20.000 visiteurs venus de toute l'île.

A Saint-André, cette manifestation phare de la communauté tamoule qui devait se dérouler du 13 au 15 novembre 2020 a été annulée. Elle s'est déroulée pour la première fois dans l'intimité des foyers (Cliquez ici pour visionner à ce sujet sur france.tv le documentaire "Au coeur de la lumière").

Revivez la 3ème édition du Dipavali à Saint André avec ce reportage INA extrait du magazine "Mascarines" diffusé en 1992 :