Des associations réclament un complément d’enquête après les révélations d'enfouissement de chlordécone

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Plantation de bananes en Guadeloupe ©Helene Valenzuela/AFP
Trois associations, le Cran, l’association Vivre et Lyannaj Dépolyé Matinik, interpellent le gouvernement suite aux révélations concernant des stocks de chlordécone enfouis.
 
C’est en raison d’éléments nouveaux portés à la connaissance du public qu’une sommation interpellative a été délivrée au Premier ministre Edouard Philippe et à la ministre de la Justice Nicolle Belloubet. Les associations se basent sur les révélations faites par un fonctionnaire dans l’émission Complément d’enquête diffusée le 27 février sur France 2.
 

Des faits « d’une extrême gravités »

Cette sommation interpellative doit permettre de faire accélérer la procédure en cours au niveau judicaire. Il s’agit maintenant de savoir si effectivement des stocks de Chlordécone ont été enfouis. Combien de bidons de ce pesticide utilisé dans les champs de banane en Martinique et en Guadeloupe ont été enterré, et où ?

Si ces faits sont confirmés, ils sont d’une extrême gravité, et c’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’interpeller non pas le procureur de Martinique ou de Guadeloupe mais directement le Premier ministre et le ministre de la Justice parce qu’il faut qu’une intervention au plus haut de l’Etat soit lancée !
Christophe Leguevaques  avocat des associations


Regardez l'extrait de l'émission complément d'enquête diffusé sur France 2


La molécule Chlordécone contenue dans les pesticides commercialisés sous le nom de Kepone et Curlone  a été déclarée comme cancérogène possible par l’OMS en 1979. Malgré tout, son utilisation s’est poursuivi aux Antilles jusqu’en 1993. Durant plus de 20 ans, les producteurs de banane ont eu recours à la chlordécone dans leurs champs pour lutter contre un insecte nuisible pour leur production.

 

Une enquête parlementaire et après…

L’enquête parlementaire dont l’objectif était de déterminer les responsabilités des uns et des autres dans le scandale chlordécone et d’évaluer les conséquences sur les populations, est arrivée à la conclusion que ce dossier est « avant tout un scandale d’Etat ». Pour Ghyslain Vedeux, « l’Etat avait deux mois à compter du 2 décembre pour s’exprimer ils ne l’ont pas fait. Ce silence est coupable ». Ghyslain Vedeux du Cran interrogé par Outre-mer la 1ère. 
 

ITW Ghyslain Vedeux Chlordécone

 
 

Procédure

Une action en justice sur la partie administrative est ouverte depuis juillet 2019 par ces associations. Ce recours au niveau administratif et non au niveau pénal a été préféré car il « oblige l’Etat à donner une réponse dans moins de deux ans » justifie Ghyslain Vedeux du Cran. Par ailleurs une action judicaire au pénal est en cours depuis 2007. Elle a été portée par d’autres associations.
 

Maître Christophe Leguevaques. Chlordécone