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Attaque mortelle à Nice : des Wallisiens, des Réunionnais, des Calédoniens témoignent

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Les secours, Promenade des Anglais à Nice
Les secours, Promenade des Anglais à Nice ©Valery Hache/ AFP
Jean-Michel et sa femme réunionnaise Françoise Hoarau tiennent un restaurant à deux pas de la Promenade des Anglais. Mouga Fotofili, Wallisien travaille aussi dans un restaurant dans une rue parallèle. Tous ont vécu cette nuit de cauchemar à Nice. Ils témoignent.
"Nous allons bien, le restaurant est sur le port au bout de la Promenade des Anglais, mais on a vu un immense mouvement de foule et de panique devant le restaurant. Ça courait, ça criait, ça hurlait", raconte Jean-Michel qui tient le restaurant réunionnais Kaloupilé, à Nice. En quelques secondes, les gens ont crié : "attentats, ça tire, courez, un camion a explosé", tout était confus, mais on n’a rien vu, on ne comprenait pas ce qu’il se passait.

Incompréhension totale

"Il a fallu 20 minutes pour évacuer la foule, poursuit Jean-Michel dont la femme réunionnaise n'arrive plus à parler tant cette nuit d'horreur l'a choquée. J’ai fermé le restaurant avec les clients à l’intérieur, allumé la télévision pour savoir ce qu’il se passait. Le temps était très long parce qu’à la télé, ils ne parlaient que du feu d’artifice à la Tour Eiffel. Tout le monde était dans l’incompréhension totale. Les gens ont alors cru que c'était un mouvement de foule et des pétards. J’ai rouvert les portes du restaurant pour laisser les clients partir".

"Ma femme est Réunionnaise, elle est totalement sous le choc, poursuit jean-Michel. On s’est tous appelé hier soir, on a joint nos amis et proches réunionnais, à priori tout le monde va bien, mais on a l’angoisse en attendant les noms des victimes. J’ai peut-être des connaissances, des clients, 84 morts vous vous rendez compte !" "84 morts", répète Jean-Michel épuisé après une courte nuit de sommeil. 

"Je suis revenu au restaurant ce matin pour tout nettoyer car hier soir nous sommes rentrés précipitamment. Aujourd’hui la ville est déserte, il n’y a pas de joggeur ni de vélo, rien. Il n’y a plus de vie", poursuit Jean-Michel.
 

Pas ici, pas à Nice

Bien sûr on s’attendait à d’autres attentats mais pas chez soi, pas à Nice, raconte une Calédonienne qui travaille dans un hôpital de Nice  : "Au début on entendait des détonations, on a cru que c’était le feu d’artifice et après on a appris la nouvelle, dit-elle au micro de Nouvelle-Calédonie1ère. On a contacté tous les Calédoniens qui étaient sur Nice. C’est un peu la panique".
 
"On a réussi à contacter tous nos proches et amis sauf un ami calédonien qui ne répond pas donc nous sommes inquiets. Il travaille le soir et habite près de la promenade, on se demande s’il était bien rentré chez lui. Je suis inquiète, nous ne sommes pas habitués à cela, j'ai peur".

Portier dans un restaurant

Petelo Taalo, joint par Nouvelle-Calédonie 1ere, s'est comporté en véritable héros puisqu'il a ouvert sa porte à des dizaines de personnes qui fuyaient l'horreur de la Promenade des Anglais. ll s'agit d'un portier qui travaille pour un restaurant. Ecoutez ces témoignage sur skype : 

©nouvellecaledonie


Scènes de paniques

Moüga est installé à Nice depuis 20 ans. Vigile dans un restaurant de cette promenade des Anglais qui accueille normalement 100 personnes, cet originaire de Wallis et Futuna a accueilli des personnes paniquées par l’attaque. Il confie à Mirna Kilama de France Ô à quel point c'était la panique. "j'ai fait rentrer tout le monde dans le restaurant. Les gens pleuraient, ils étaient paniqués. Quand j'ai découvert ensuite les images, j'ai compris toute l'horreur. C'est incompréhensible"