Baisse des contrats aidés : face à l'inquiétude des députés, la ministre assure que les Outre-mer seront des priorités

Les députés de La Réunion, Jean-Hugues Ratenon et de Martinique, Serge Letchimy, ont interpellé la ministre du travail, Muriel Pénicaud, à l'Assemblée au sujet de la baisse annoncée des contrats aidés.
Les députés de La Réunion, Jean-Hugues Ratenon, et de Martinique, Serge Letchimy, ont interpellé la ministre du travail, mercredi 9 août, à l'Assemblée sur la baisse annoncée des contrats aidés. "Aucune décision n'a été prise", les Outre-mer font partie des "priorités", a répondu Muriel Pénicaud.
La décision du gouvernement de diminuer le nombre des contrats aidés au second semestre de 2017 inquiète les députés des Outre-mer. Lors des questions au gouvernement, ce mercredi 9 août, à l'Assemblée nationale, le député de La Réunion "France Insoumise", Jean-Hugues Ratenon, a pris la parole au nom des sept députés de l'île et des 24 maires.

 

Manifestation à La Réunion

 Face à "la baisse annoncée de 75 % des contrats aidés à La Réunion, ce mercredi 9 août, les maires de l'île, toutes tendances confondues, ont manifesté devant la préfecture et annoncent l'impossibilité d'assurer la rentrée scolaire le 18 août", a d'abord rappelé Jean-Hugues Ratenon.
 
"L'éducation de nos enfants est sacrifiée au nom de vos rabotages budgétaires, a poursuivi le député de La Réunion s'adressant au Premier ministre, Edouard Philippe. L'emploi aidé à La Réunion n'est pas de l'assistanat, mais correspond bien à de vrais postes de services. (…) Allez-vous rétablir à minima le quotas de 2016 ?" a interrogé Jean-Hugues Ratenon.

 

Les outre-mer, une priorité

Muriel Pénicaud, ministre du travail, lui a répondu en jugeant les contrats aidés "couteux" et  "inefficaces" contre le chômage. "Mais ils permettent de baisser le coût du travail, a reconnu la ministre. Il est vrai qu'il y a une situation particulière du marché du travail dans les outre-mer et elle est prise en compte dans les décisions que nous prendrons dans les jours qui viennent". "Aucune décision n'a encore été annoncée et les quatre priorités que nous prenons en compte sont : les outre-mer, l'éducation nationale, l'urgence sanitaire et l'urgence sociale", a-t-elle ajouté.
 

"L'inquiétude monte"

Quelques minutes plus tôt, Muriel Pénicaud avait aussi répondu sur le même sujet à Serge Letchimy. " Vous vous attaquez à l'un des socles de la solidarité nationale : les contrats aidés", a déclaré dans l'hémicycle le député de la Martinique. "Je veux vous mettre en garde, face à une croissance faible voire nulle, l'austérité aveugle aura des effets destructeurs sur le plan social et humains. (…) Vous allez mettre des jeunes dans la rue. L'inquiétude monte dans le pays, il nous faut sortir du flou. Où en êtes-vous sur les contrats aidés ?" avait insisté le député socialiste martiniquais.
 

Favoriser la formation

En réponse à Serge Letchimy, la ministre du travail a indiqué que 110 000 contrats aidés supplémentaires ont été débloqués en urgence pour terminer l’année, malgré les dépassements budgétaires. Elle avait déjà rappelé que sur le fond, ces contrats aidés sont "très coûteux pour l’Etat" et "peu efficaces pour lutter contre le chômage". La ministre souhaite que l’argent utilisé aille surtout vers la formation, pour aider plus facilement à retrouver un emploi.