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Blessé par balle, le boxeur guyanais Leclerc Nogaus n'abandonne pas ses rêves

Leclerc Nogaus, vice-champion de France amateur des mi-lourds s’est fait tirer dessus en mai dernier à Asnières-sur-Seine en région parisienne. Depuis, il se bat pour retrouver l’usage d’une de ses deux jambes.

  • Edwige Saint-Thomas, avec Valentin Deleforterie
  • Publié le
Les coups de poing pleuvent sur le punching-ball. Le bruit des cordes à sauter fouette le sol dans une cadence effrénée sur fond de musique hip-hop. Dans la salle de boxe du Asnières Boxing Club, plusieurs dizaines de jeunes s’adonnent à leur passion. Cet univers, Leclerc Nogaus le connaît bien. Ce soir-là il ne boxe pas, mais appuyé sur sa béquille, il dispense ses précieux conseils à un de ses partenaires. « Ça me fait me sentir bien dans ma peau » concède-t-il. 
 
S'il ne peut plus pratiquer la boxe, Leclerc Nogaus (à droite) continue cependant de prodiguer ses conseils aux boxeurs de son club.
S'il ne peut plus pratiquer la boxe, Leclerc Nogaus (à droite) continue cependant de prodiguer ses conseils aux boxeurs de son club.
 

Entre la vie et la mort

Sa présence dans la salle de boxe relève quasiment du miracle. Le 3 mai dernier, victime d’une terrible agression, il a frôlé la mort. « Je sortais du taxiphone pour récupérer un téléphone que j’avais mis à réparer là-bas. Et en sortant de la boutique, je me suis fait tirer dessus par une personne masquée, vêtue de noir qui se trouvait derrière moi. Ça s’est passé rapidement, il a d’abord tiré sur mon chien, sur une dame et sur moi ».

Gravement blessé aux deux jambes, Leclerc perd beaucoup de sang. Il doit sa survie à l’intervention d’un passant, qui lui pose un garrot, mais aussi au soutien de ses proches et à son caractère de battant. « Quand je suis arrivé à l’hôpital Bichat à Paris, les médecins envisageaient de m’amputer, ce que je ne voulais pas du tout. Des proches venus me visiter ont beaucoup prié pour moi. J’ai été transféré dans un hôpital plus compétent, spécialisé dans les blessures par balles. Du coup, j’ai réussi à sauver ma jambe ».
 

« Mon avenir je le vois sur mes deux jambes »

Après l'agression, Leclerc passe plusieurs semaines à l’hôpital. Un long combat qu’il poursuit aujourd’hui chez lui : « J’arrive à poser ma jambe mais je boite beaucoup. En ce moment je suis des séances de kiné. Mais les médecins me disent de modérer mon enthousiasme. Ils estiment que c’est une peine perdue. Mais je ne suis pas l’optique de me laisser abattre. Mon avenir je le vois sur mes deux jambes, pouvoir jouer, courir avec mes futurs enfants. Donc je continue à travailler  pour voir si demain ça peut aller mieux ».

Parallèlement à ce travail, l’enquête se poursuit pour tenter d’arrêter l’agresseur du Guyanais. Les policiers ont quelques pistes notamment celle d’une vengeance. « Je suis intervenu pour séparer une altercation entre deux personnes. Une d’entre elle voulait tabasser une autre. Depuis l’auteur des faits aurait gardé des rancœurs ».

 

L'incompréhension subsiste

Plusieurs mois après son agression, Leclerc avoue ne pas comprendre les motivations du tireur. « Pour moi il n’y a que des lâches qui peuvent faire ce genre de choses » rumine le boxeur aux 78 combats. Si le jeune homme souhaite que son agresseur soit retrouvé au plus vite, il n’en oublie pas pour autant son objectif principal : retrouver toutes ses sensations pour pouvoir remonter sur un ring.

« Je sais que ce sont des procédures qui sont longues, Il n’y a pas, ou très peu de témoins. Je laisse la police faire son travail, moi je me concentre sur le mien : celui de récupérer ma jambe et faire en sorte de revenir sur le ring et faire mentir les médecinsJe suis un rêveur et je ne veux pas laisser mes rêves partir comme ça.»
 

Le reportage audio de France Ô radio


 

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