Brexit : Le nickel et les sociétés calédoniennes du secteur rechutent à la City de Londres

nickel
Usine SLN Nouméa by night Alain Jeannin
Usine de nickel SLN-Eramet à Doniambo en Nouvelle-Calédonie ©Alain Jeannin
La Bourse des métaux de Londres qui pariait sur le maintien du Royaume-Uni dans l’UE a été prise à contrepied par le résultat du référendum. Tous les métaux industriels sont en baisse, le nickel perd près de 3 % et se négocie autour de 8 945 dollars.
Les trois sociétés minières et métallurgiques présentes en Nouvelle-Calédonie subissent de plein fouet l’aversion des investisseurs londoniens pour les matières premières, après la victoire des partisans du Brexit : Eramet, Glencore et Vale sont en baisse de plus de 6 %. Le prêt de 127 millions d’euros, accordé par l’Etat à la SLN, sera d’autant plus nécessaire face à la crise que son effet positif est atténué, ce vendredi, par un autre effet : celui du Brexit sur les cours mondiaux du nickel.

Incertitude 

Les responsables de la City de Londres avaient prévenu, avant le référendum, qu'elle avait beaucoup à perdre d'un éventuel départ de l'Union européenne. La Bourse des métaux de Londres (LME) risque de devoir renégocier un certain nombre de droits d'accès au marché européen. Pour les analystes de la City, la victoire des partisans du Brexit ouvre une période d’incertitude juridique et économique pour le négoce des métaux industriels et notamment pour le cuivre ou le nickel. Londres pourrait être moins attirante et perdre sa place de référence au profit de Shanghai. « le Royaume-Uni va sortir de l’Union européenne, nous entrons dans une période d’incertitude, ce n’est pas bon pour les matières premières » rappelle David Wilson, directeur de la stratégie de Citi, la première banque américaine d’investissement sur le marché des métaux de Londres. 

Risque

Les Britanniques ont choisi la séparation, le London Metal Exchange (LME) est fragilisé dans son rang de première place de référence pour la cotation mondiale des métaux. En effet, ses chambres de compensation financières qui agissent en garant des transactions financières sur les matières premières, pourraient se voir imposer de regagner la zone euro par la Banque centrale européenne.

Repli

Vendredi, la livre sterling a plongé de près de 12 % face au dollar et l’euro baisse de 2,93 % face à la devise américaine, après l’annonce de la victoire du Brexit. La Bourse de Londres chutait pour sa part de plus de 7 % dans les premiers échanges vendredi matin. Les métaux industriels subissent eux aussi la conjoncture et l’effet Brexit. La hausse du dollar, ce vendredi, pénalise les acheteurs de cuivre et de nickel, car le renchérissement du billet vert augmente le coût des métaux industriels pour les acheteurs européens ou asiatiques.

Attentisme

Le nickel, bien que côté à Londres au London Metal Exchange, est payé en dollar américain. Le métal valait 9 200 dollars jeudi soir, il ne vaut plus que 8 945 dollars vendredi soir. Dans l’ensemble, les matières premières ont tendance à sous-performer et à baisser en période d’incertitude et de risque. Et l’effet Brexit cumule les deux sur la City de Londres, dont le London Metal Exchange est une structure à part entière. Rien de bon donc pour le nickel. Heureusement, le week-end va permettre une pause dans la cotation financière des métaux à la bourse de Londres. La semaine prochaine s’annonce à haut risque mais à chaque jour suffit sa peine.