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Chlordécone : une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron

"Nous vous exhortons à prendre conscience (…) de la détresse et la colère des Guadeloupéens et des Martiniquais" clame une soixantaine d’associations et de personnalités dans une lettre ouverte au président de la République à propos de l’empoisonnement des Antilles au chlordécone.
 

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  • Par Angélique Le Bouter
  • Publié le , mis à jour le
Serge et Viviane Romana, Firmine Richard, Greg Germain, Bertrand Dical, Tous Créoles!, le CM98, l'APIPD... Soixante-six personnalités et associations antillaises ont adressé mardi 13 février une lettre ouverte au président de la République. Ce message de deux pages fait suite aux propos polémiques tenus par Emmanuel Macron lors du Grand débat national avec les élus des Outremer.
 

Propos polémiques

Le chef de l'État avait affirmé au sujet du chlordécone, un insecticide employé aux Antilles jusqu'en 1993, qu'il ne fallait "pas dire que c'est cancérigène". L'Elysée avait plaidé le "malentendu" et assuré qu'il n'y avait pas de "retour en arrière" sur le caractère cancérigène du produit. Mais les propos avaient fait réagir les élus, ainsi que des scientifiques à l'origine de travaux prouvant une corrélation entre chlordécone et hausse de cas de cancers.

C'est aujourd'hui au tour de personnalités variées, originaires des Antilles pour la plupart, de prendre la parole : "Monsieur le Président, sur quels travaux scientifiques vous appuyez-vous pour contredire les résultats publiés d’enseignants-chercheurs et chercheurs du CHU de Pointe-à-Pitre et de l’INSERM ? Pensez-vous nous rassurer avec ce type de déclarations ?"
 

Vos hésitations et revirement heurtent dans leur dignité les populations ultramarines concernées qui sont en droit d’attendre protection et informations vérifiées de la part de l’État, comme chaque concitoyen de La République.

 

Des mesures urgentes

Les signataires de la lettre exigent que "des mesures urgentes afin que les maladies liées à l’intoxication au chlordécone soient reconnues comme maladies professionnelles et que des mesures d’indemnisation soient prises rapidement."
 

Nous demandons en premier lieu une attitude plus respectueuse et républicaine vis-à-vis de ces territoires de la République.


"Nous attendons la mise en place d’une campagne de dépistage d’ampleur des populations afin qu’elles puissent faire valoir leurs droits devant la justice. Enfin, nous souhaitons que dans la future proposition de loi portant création d’un fonds d’indemnisation des victimes de produits phytopharmaceutiques, le cas des victimes antillaises soit examiné en priorité, compte tenu de l’ampleur du risque sanitaire et économique dans nos territoires."

Cliquez ci-dessous pour lire l'intégralité de cette lettre ouverte. 

Une pétition en ligne

La coordination des associations d'OUtre-mer, à l'origine de la lettre, a également partagé une pétition intitulée "Chlordécone : vérité pour les victimes!" sur le site change.org. Une pétition signée et partagée, notamment, par le journaliste d'origine martiniquaise Edwy Plenel. 


 

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