Colonisation : la polémique continue, une semaine après les propos d'Emmanuel Macron

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Emmanuel Macron lors de son déplacement à Alger, le 15 février. ©Billal Bensalem / NurPhoto
A gauche, à droite et à l'extrême droite, les réactions continuent une semaine après les propos d'Emmanuel Macron sur la colonisation française en Algérie. Le candidat l'avait qualifiée de "crime contre l'humanité" lors d'un déplacement à Alger le 15 février.
C'est l'une des dernières réactions aux propos d'Emmanuel Macron qualifiant la colonisation de "crime contre l'humanité". Ce lundi 20 février, dans un tweet, Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du Front National, déclare : "La colonisation française a été certes imparfaite, parce que œuvre humaine, mais hautement honorable". Depuis plus d'une semaine, à l'extrême droite, comme à droite et à gauche, la polémique ne faiblit pas.

Une polémique qui n'en finit pas

Mercredi 15 février, Emmanuel Macron, a condamné la colonisation française en Algérie, lors d'un déplacement à Alger. "La colonisation fait partie de l’histoire française, a déclaré le candidat d’"En marche". C’est un crime, un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie. Et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face, en présentant nos excuses à l’égard de ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes".

Plusieurs responsables de droite et du Front national ont alors fait part de leur émoi et de leur "honte". Dans une vidéo postée sur son compte Facebook, Emmanuel Macron a alors tenté de répondre à la polémique en affirmant qu'il faut "avoir le courage de dire la vérité". Samedi 18 février lors d'un meeting, il veut à nouveau clore le débat en demandant "pardon" à ceux qu'il a blessés. Mais rien n'y fait, la polémique continue.

Nouvelles réactions

Lundi sur BFM TV, Valérie Pécresse accuse Emmanuel Macron d'avoir "comparé Jules Ferry à Hitler". La présidente LR de la région Île-de-France reprend l'argument très évoqué selon lequel on ne peut pas qualifier la colonisation de "crime contre l'humanité" puisque cette notion juridique, née juste après la Seconde Guerre mondiale, fait directement écho aux crimes nazis et à la Shoah. 

A gauche, invité du "Grand Jury" RTL/Le Figaro/LCI, dimanche, Benoît Hamon le candidat du PS se dit "clairement" opposé à l'emploi de l'expression "crime contre l'humanité". Il dit refuser toute "concurrence mémorielle" et réfléchit toutefois à la forme que prendraient ses "regrets". S'il est élu président, Benoît Hamon pourrait présenter des "excuses".

"On ne peut pas dire le matin, la colonisation est un crime contre l'humanité et s'en excuser le soir" a déclaré pour sa part sur I télé, Rama Yade, candidate à la présidentielle.

Ce mardi 21 février, Rokhaya Diallo, journaliste et militante a également réagi. "Au départ, la colonisation c'est l'invasion de l'Algérie et l'extermination d'un tiers de la population" a affirmé Rokhaya Diallo.

Sur les réseaux sociaux

La colonisation et la guerre d’Algérie font partie de l'histoire de France mais provoquent encore des tensions dans la société. Sur Twitter, plusieurs personnes ont réagi. Pour certains, ne pas accepter les propos de Macron serait mentir.


"Oui, la colonisation est un crime contre l'humanité"

Une tribune publiée dans Le Monde a également été largement reprise sur les réseaux sociaux. Rédigée par Hamidou Anne, elle s'intitule "Oui, la colonisation est un crime contre l'humanité". Selon le chroniqueur du "Monde Afrique", les remous provoqués par la déclaration d'Emmanuel Macron témoignent de "l'incapacité française à assumer un pan peu glorieux de son Histoire".

Dans sa tribune, il fait appel aux écrits d'Aimé Césaire : "Aimé Césaire disait donc : "On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemin de fer. Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la vie, à la danse, à la sagesse. Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme". La colonisation, comme le soulignait le même Césaire est une "négation de la civilisation". En cela, elle est un crime, une barbarie intolérable".
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