La chambre d’instruction de la Cour d’appel de Paris doit se prononcer sur l’irresponsabilité du meurtrier d’Andy Brigitte

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Cour d'Appel de Paris
Cour d'Appel de Paris ©Philippe LOPEZ / AFP
Le 12 janvier 2018, Andy Brigitte, un Martiniquais de 22 ans a été poignardé à mort à la station Chatelet-les-Halles. Des personnes ont filmé l’agonie du jeune homme pendant de longues minutes. Cette affaire avait profondément choqué l’opinion publique.
 
La chambre d’instruction doit se réunir à huis-clos ce vendredi 5 juin à 15h (heure de Paris, 9h en Martinique) pour statuer sur la responsabilité de l’auteur du meurtre d’Andy Brigitte, Christian Ingondo. Lors de cette audience, les parents du jeune martiniquais assassiné seront présents par visioconférence.

"Nous n’avons pas d’éléments pour contester l’irresponsabilité de l’auteur du meurtre, explique Maître Frédérique Pons, l’avocate des parents d’Andy Brigitte, à Outre-mer la 1ère. Maître Jean-Claude Durimel avocat de Karine Brigitte, la tante d’Andy ajoute : "les dés sont jetés car les deux expertises sont parvenues à la même conclusion. Pour la famille, il y a un sentiment de frustration car il n'y aura pas de procès en Assises et donc pas d'explications sur les faits".
 

Voyeurisme

Le 12 janvier 2018, vers 18h à la station RER de Chatelet-Les Halles, Andy Brigitte, 22 ans, a été poignardé à mort par un déséquilibré de 33 ans qu’il ne connaissait pas. Rapidement sur place, les agents de sécurité de la RATP, ont interpellé cet homme, sur lequel ils ont retrouvé un couteau. D'abord placé en garde à vue, Christian Ingondo a été ensuite hospitalisé à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police. L’homme est aujourd’hui placé dans un centre de soins pour personnes dangereuses au groupe hospitalier Paul Guiraud de Villejuif.

Mais avant que Christian Ingondo ne soit interpellé et que les secours arrivent alertés par un témoin, des passagers ont filmé l’agonie du jeune homme. Ce voyeurisme a choqué terriblement l’opinion publique, ainsi que la famille, en particulier Linda Brigitte, sa mère. Cette infirmière au CHU de Fort-de-France a ainsi déclaré à Outre-mer la 1ère, le 17 juin 2018 :

Je trouve que le manque d’humanité s’est fait ressentir. Au lieu de porter secours, ils ont filmé, partagé, je suis déçue d’autant plus que mon deuxième fils a reçu la vidéo, il a vu son frère agoniser.(..). Ce jour-là j’ai trouvé que l’humanité a été perdue.


Aucune poursuite

Les parents d’Andy Brigitte ainsi que sa tante ont porté plainte contre X mais "personne n’a été poursuivi", précise Maître Durimel. "On peut filmer une scène de meurtre sans qu'il ne se passe rien. C’est sidérant, cela montre le décalage entre le discours politique et les faits, ajoute Maître Pons. Mais ce qui attriste la famille au plus haut point c’est la perte de leur enfant", déclare-t-elle.

Andy Brigitte vivait à Grigny, chez sa tante dans l’Essonne en banlieue parisienne. Il avait quitté la Martinique à l’âge de 17 ans. Il était très apprécié de ses nombreux amis, notamment ceux de son club de football, l’AC Tropical. Il travaillait comme mécanicien dans l’armée.
 
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