Coronavirus : à Madagascar, une journaliste incarcérée pour "incitation à la haine" contre le président

coronavirus
Madagascar
Le président malgache a ordonné le confinement de la population des deux principales villes du pays, Antananarivo et Toamasina (est). ©Henitsoa Rafalia / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
La patronne d'un journal malgache qui a mis cause la gestion de l'épidémie de coronavirus par le président Andry Rajoelina en le traitant "d'assassin" a été placée en détention, a-t-on appris auprès de l'ordre des journalistes de la Grande île.
Directrice de la publication du journal "Valisoa", proche du chef de l'opposition Marc Ravalomanana, Arphine Rahelisoa est poursuivie pour "incitation à la haine" envers le chef de l'État, a précisé à l'AFP le président de l'ordre, Gérard Rakotonirina.
 

Accusations    

"Une femme journaliste jetée en prison (...) de mémoire, c'est une première dans l'histoire de la presse malgache", s'est indigné M. Rakotonirina. Mme Rahelisoa a été écrouée à la maison d'arrêt d'Antanimora, dans la capitale Antananarivo.
    
Conçue à l'étranger, la version en ligne de son journal, qui n'est plus diffusé en version papier depuis le début de l'épidémie, a publié des accusations telles que "Covid-19, confinement, Andry Rajoelina, assassin".
 

70 cas officiellement

Considéré comme un des pays les plus pauvres de la planète, Madagascar a officiellement recensé sur son territoire 70 cas de contamination par le coronavirus, mais aucun décès, selon le dernier bilan des autorités.
    
M. Rajoelina a ordonné le confinement de la population des deux principales villes du pays, Antananarivo et Toamasina (est). Mais son ordre est bafoué par de nombreux habitants, contraints de travailler pour assurer leur survie quotidienne.
    
La dernière mise en détention de journaliste à Madagascar remonte en 2015.