Coronavirus : mode d'emploi des nouvelles restrictions sanitaires pour les voyageurs qui quittent la Guyane

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Aéroport Orly arrivées
Aéroport d'Orly, février 2021. ©Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Dès samedi 24 avril, les passagers en partance de Guyane doivent se soumettre à de nouvelles restrictions pour voyager, afin d'éviter la propagation du variant brésilien. Tests au départ et à l'arrivée, isolement strict, contrôles, amendes… Voici ce qui change samedi matin.

► Suis-je concerné ?  

Tous les voyageurs en provenance de Guyane, mais aussi du Brésil, de l'Argentine, du Chili, d'Afrique du Sud et d'Inde sont soumis à ces nouvelles restrictions. "Dans d'autres pays, des variants se développent, a justifié le ministre de l'Intérieur lors d'un point presse jeudi soir. Il ne faudrait pas que leur développement, leur diffusion viennent réduire à néant les efforts faits par l'ensemble de nos concitoyens."

► Pourquoi ce renforcement des mesures ?

L'exécutif s'inquiète de la multiplication des cas de coronavirus liés aux variants brésilien et sud-africain, notamment. Ainsi, les vols depuis le Brésil - qui compte 2 500 décès quotidiens liés au Covid-19 - ont été suspendus le mercredi 14 avril. "Mais nous savons que l'arrêt des liaisons aériennes n'offre qu'un protection partielle, a expliqué Gérald Darmanin. Une telle mesure peut conduire à la multiplication de voies de contournement (…) La meilleure protection contre les variants est la mise en place d'un sas sanitaire à l'arrivée sur notre territoire."

► En quoi consiste ce nouveau sas sanitaire ?

- Au départ de Guyane et des pays concernés, un test PCR négatif de moins de 36h (et non plus de moins de 72h) est désormais exigé. Si le test PCR est réalisé dans les 72h avant le départ, il doit être doublé d'un test antigénique de moins de 24h.

- À leur arrivée dans l'Hexagone, tous les passagers devront se soumettre à un test antigénique obligatoire.

- Quel que soit le résultat des tests, positif ou négatif, tous les passagers "feront l'objet d'une mise en quarantaine de 10 jours décidée par arrêté préfectoral", a déclaré Gérald Darmanin. L'arrêté préfectoral en question doit être publié samedi. 

- L'isolement des voyageurs sera plus fortement contrôlé, a annoncé le ministre de l'Intérieur. Le lieu de la quarantaine sera contrôlé au départ et à l'arrivée des voyageurs.
Avant l'embarquement, les passagers devront déclarer à la compagnie aérienne le lieu dans lequel ils effectueront leur quarantaine en France en fournissant un justificatif attestant de l'existence de ce lieu (justificatif de domicile, réservation d'hôtel) et "sa compatibilité avec les exigences sanitaires et notamment son accès par les forces de l'ordre". La compagnie aérienne pourra refuser l'embarquement si ces justificatifs ne sont pas jugés probants.
À l'arrivée, ces justificatifs seront à nouveau contrôlés par les agents de la police aux frontières. 

- Les règles de la quarantaine sont durcies. Les sorties autorisées sont réduites. Il sera possible de faire ses courses ou de quitter le lieu d'isolement pour un motif impérieux entre 10h et 12h uniquement. En dehors de ces horaires, des contrôles pourront être réalisés par les forces de l'ordre sur le lieu d'isolement.

► Que se passe-t-il si je ne respecte pas ces règles ?

Les policiers et les gendarmes sont chargés de faire respecter cet isolement. Ils pourront se rendre sur le lieu déclaré par les voyageurs pour vérifier qu'ils respectent bien leur isolement, a averti le ministre de l’Intérieur. Si les règles de l'isolement ne sont pas respectées, l'amende passe de 135 euros à ce jour à 1 000 voire 1 500 euros dès samedi.

► Et si je n’ai pas de lieu d’isolement dans l’Hexagone ? 

Dans le cadre du projet de loi relatif à la sortie du régime de l'état d'urgence, le gouvernement soumettra au Parlement une disposition qui consiste à imposer un lieu de quarantaine dans les cas où le lieu choisi par le voyageur ne permet pas un isolement efficace et un contrôle effectif par les forces de police.