Coronavirus Outre-mer : l'armée tente de préciser les missions du Dixmude et du Mistral

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Le Dixmude
Le Dixmude ©Anton Raharjo / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Emmanuel Macron a annoncé la semaine dernière l'envoi vers les Antilles-Guyane et l'océan Indien de deux porte-hélicoptères, le Dixmude et le Mistral. Mais pour quelles missions ? On en sait un peu plus, mais des incertitudes demeurent.
Les deux porte-hélicoptères amphibie, le Dixmude et le Mistral, sont en phase de préparation. Le déploiement de ces deux porte-hélicoptères a été annoncé la semaine dernière par Emmanuel Macron dans le cadre de "L'opération résilience", opération militaire qui mobilise les forces armées pour aider la population contre l'épidémie de coronavirus.
 

Quand arriveront-ils ?

 Le Dixmude est actuellement à Toulon. Le ministère des Armées précise qu'il est "tout juste rentré d’une mission en Méditerranée Orientale il va se préparer pour rejoindre la zone Antilles-Guyane qu’il espère atteindre vers le 14 avril."
Le Mistral "a immédiatement réorienté sa mission vers Mayotte et La Réunion qu’il doit atteindre début avril."
 

Pour quelles missions ?

Mais un certain flou demeure sur les missions précises de ces deux bâtiments. Ces deux navires de guerre, disposent chacun d'un hôpital à bord, mais d'après l'Agence France Presse, les militaires peinent à savoir quels moyens médicaux (matériel de réanimation, masques, blouses...) ils sont censés embarquer avec eux. "L'envoi des PHA (porte-hélicoptères amphibie) est complètement déclaratoire pour l'instant. On n'a pas de réponse
à la question des besoins
", estime un haut gradé de l'armée cité par l'AFP. 

"Les Outre-mer ont de très fortes attentes sur les bateaux que nous envoyons", reconnaît une autre source militaire citée par l'AFP. Mais "il y a des tergiversations autour de la nature de la mission". "On a une boîte à outils, on attend maintenant que le politique nous dise comment l'utiliser", ajoute cette source. Mais "si on n'a pas de toubibs et de respirateurs, on ne pourra pas faire grand-chose".
    
 

Des élus sceptiques

Face à ces incertitudes, certains élus ultramarins expriment leur scepticisme. Ainsi, le député LR de Mayotte Mansour Kamardine s'interroge : "Mayotte a besoin d’un renforcement de capacités hospitalières alors que le Mistral ne serait pas armé médicalement notamment en équipes médicales."
 

Précisions du ministère des Armées

Le ministère des Armées a apporté lundi 30 mars quelques précisions concernant les missions qui seront dévolues aux Dixmude et au Mistral :  Le Mistral "Grâce à ses capacités, pourra une fois sur sa zone d’action participer à du transport de fret humanitaire, fournir un élément de sécurité civile rapide d’intervention médicale (ESCRIM) ou de secours, projeter de forces de sécurité ou encore être utilisé comme hôpital de délestage, à la condition de bénéficier d’un renfort sanitaire pour armer l’hôpital."

Le Dixmude, précise le ministère des Armées, "pourrait livrer du fret, soulager les hôpitaux en fonction de sa configuration, projeter des forces de sécurité entre les départements de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane."

Dans cette communication du ministère des Armées, l'utilisation du conditionnel montre bien que les missions du Dixmude et du Mistral sont encore imprécises. Selon l'AFP, des décisions pourraient être prises mercredi lors du prochain Conseil de défense.
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