Le cours du nickel entre deux eaux : Glencore aussi mais pour le Koniambo

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KONIAMBO
L'usine du Nord : Koniambo Nickel (KNS-SMSP-Glencore) en Nouvelle-Calédonie ©Alain Jeannin
Marc Boissonneault, le président du grand complexe industriel de Koniambo Nickel (KNS) est à Barr, au siège de Glencore. À l’ordre du jour de son entretien avec Kenny Ives, le plan social de l’usine du Nord et l’avenir de la multinationale en Nouvelle-Calédonie.
Rien ne filtre des échanges avec le directeur financier de la branche nickel. « No comment, sorry » répond le service de communication de Glencore en Suisse. À Londres, la question calédonienne est suivie par les analystes de la City qui sont, eux aussi, dans l’expectative : « Je dirai qu’il faut attendre et voir. Yvan Glasenberg, le PDG de Glencore a déclaré qu’il n’annoncerait rien avant la fin de l’année et en général, il tient parole. En parallèle, il mène sans doute des discussions avec d’éventuels partenaires pour l’usine du Nord » conclu l’un des spécialistes du nickel à Londres, sous couvert d’anonymat.

Le front du nickel est calme

Après avoir fléchi la veille, le cours du nickel (10,575 dollars par tonne) était en hausse de 1,27 % mercredi, en début de soirée, à Londres.
Le métal a progressé de 20,7 % en 2016, mais il reste sous le seuil de rentabilité de la plupart des usines mondiales. En février dernier, les prix négociés à la bourse mondiale des métaux avaient chuté à 7,725 dollars par tonne. Sur trois ans, le cours du nickel reste en baisse de 24 %. La crise est donc toujours bien présente même si des signes d’amélioration sont apparus. Le courtier londonien Capital Economics prévoit "un léger déficit de production du marché en 2017 et des prix qui pourraient remonter à 12,000 dollars par tonne, mais dans 15 mois", un temps long pour les producteurs de nickel et pour les travailleurs sur les mines et dans les usines.

Indonésie et Philippines questionnent

Entre-temps, les incertitudes demeurent et elles concernent les deux principaux acteurs du nickel pour le marché asiatique, les Philippines et l’Indonésie. Lundi dernier, Manille a révoqué la licence d’un opérateur du nickel et la suspension des exportations de 50,000 tonnes de minerai. Les analystes londoniens ont apprécié puisque toute baisse de l’offre mondiale contribue à renforcer les prix. Mais le nickel reste en terrain glissant avec la décision de l’Indonésie de revenir à son niveau d’exportation de 2013 ce qui signifie un supplément de 60 millions de tonnes de minerai à disposition principalement des usines chinoises. « Les cours montent et baisse, il n’y a pas d’indicateurs clairs pour le nickel. L’Indonésie et les Philippines sont deux sources d’incertitude pour le marché » indique Robin Bhar, expert de la Société Générale à Londres.

Optimisme mesuré

A ces données s’ajoutent la consommation chinoise d’acier inoxydable au nickel, et le dollar qui est la monnaie de référence du marché mondial des métaux. Quand la devise américaine est en hausse, les cours du nickel baissent. Et l’inverse est tout aussi vrai. Pour conclure sur une note optimiste, le négociant Triland Metals, l’un des principaux acteurs du London Metal Exchange (LME), ne voit pas de risque de rupture pour le métal « Les négociants semblent tout à fait satisfaits d’une gamme de prix pour le nickel qui se situe entre 10,000 dollars et 11,000 dollars la tonne ». Même si ce cours ne fait pas encore l'affaire des usines calédoniennes, les sociétés métallurgiques présentes en Nouvelle-Calédonie gagnaient du terrain mercredi à Paris (17 heures GMT) : Eramet (SLN) + 1,16 % Glencore (KNS) + 4,42 % Vale (VNC) + 0,52 %.