Covid-19 : après six semaines de coma, Stécy Génipa raconte son retour progressif à la vie

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Diana et Stécy Génipa
©D.R
Contaminé par la Covid 19 en mars dernier, Stécy Génipa, Guadeloupéen de 35 ans, a passé six semaines dans un coma artificiel. Six mois plus tard, toujours en arrêt maladie, il récupère doucement grâce notamment à sa femme Diana, dans leur maison près de Creil. Témoignage. 
 
« Le fait de vous voir debout, sur vos deux pieds, c’est un cadeau pour nous. Ca nous motive pour affronter cette deuxième vague de covid. On se dit qu’on ne travaille pas pour rien. Mais on ne veut plus jamais vous revoir à l’hôpital.» C’est avec ces paroles, teintées d'humour, que Stécy Génipa a été accueilli vendredi 30 octobre par le personnel soignant de l’hôpital parisien de la Salpétrière. Il revenait à l'hôpital pour une visite de contrôle, six mois après ses longues semaines de coma artificiel. «Je suis l’un de leurs patients à être restés le plus longtemps dans le service de réanimation. Il voulait voir comment je récupérais » raconte à Outre-mer la 1ère le convalescent. Et cela va dans le bon sens. « Ils s’attendaient à pire. »

En mars dernier, lors de la première vague de Covid-19, Outre-mer la 1ère avait raconté l'histoire terrible de cette famille antillaise de Creil frappée de plein fouet par le virus. Âgé de 34 ans, Stécy Genipa, avait dû être hôspitalisé dans un état très grave au service de réanimation de l'hôpital de la Pitié Salpétrière. Son épouse, enceinte à l'époque, était elle aussi atteinte par le virus.  

Douloureux souvenirs

Afin de ne pas raviver de douloureux souvenirs, Stécy n’a pas souhaité revoir sa chambre d'hôpital, au contraire de sa femme. Car Diana n’avait pas eu le droit de lui rendre visite pendant son hospitalisation. Et cette croyante avait besoin de réaliser que son mari est un miraculé. « On m’avait préparé au pire quand il était plongé dans le coma. C’est pourquoi j’ai demandé si les patients placés sous ECMO (technique d’assistance cardiaque et respiratoire) sont plus près de la vie ou plus près de la mort. On m’a répondu : plus près de la mort. »
 

70% de ses capacités

Aujourd’hui, Stécy a récupéré 70% de ses capacités physiques. Il n’arrive pas encore à courir, ce qui le fruste quand il veut jouer avec ses deux premiers enfants de six et deux ans et demi. Mais il n’a plus de traitement médical à suivre. « C’est plutôt psychologiquement que c’est dur pour lui » reprend Diana. « Il gamberge. Les souvenirs du coma remontent maintenant. Je le sens beaucoup plus anxieux et stressé qu’avant tout ça. » D’ailleurs sa psy lui a déconseillé de ressasser cette période, et demandé de stopper les interviews avec la presse. « Vu que je suis chez moi H24, quand je regarde la télé, les infos me renvoient souvent à la maladie. C’est déprimant. Heureusement que j’habite dans une maison. »
 

Une naissance et une renaissance

Son autre grand motif de satisfaction est la naissance de son troisième garçon, Stécyann, né en juillet dernier. Diana :« Ca lui a mis du baume au cœur. Il était très ému, plus que moi. Il m’a dit : j’aurais pu ne pas être là pour sa naissance. »

Dans leur maison de Cires-lès-Mello, près de Creil, le jeune homme de 35 ans se sent renaitre à une seconde vie. Il a pu emmener son ainé à l’école. Il devrait reprendre son travail dans une entreprise de fibre optique le mois prochain, en mi-temps thérapeutique. Et grâce à la ténacité de sa femme, les tracasseries administratives liées à la Covid-19 sont presque derrière eux.

Lui, qui est aussi un croyant pratiquant, tire une morale de cette histoire. « Les lendemains ne nous appartiennent pas. On est rien sur terre. » Et avec encore plus de force, il rajoute : « la Covid c’est pour tout le monde. Ne croyez pas qu’elle épargne les jeunes. Alors faites attention. »