Covid-19 : en 2020 l'espérance de vie et les naissances en berne, hausse de la mortalité à Mayotte et en Guadeloupe (Insee)

demographie
Naissance
©Amélie-Benois AFP

Au 1ᵉʳ janvier 2021, la France compte 67,4 millions d’habitants dont 2 172 000 dans les 5 départements d'Outre-mer. 740 000 naissances ont été recensées, 658 000 décès avec une hausse sensible à Mayotte et en Guadeloupe au cours de la période allant du 1er septembre 2020 au 4 janvier 2021.  

L'Insee vient de publier les premiers chiffres de son bilan démographique pour 2020, une année marquée par la crise de la Covid-19. La population française continue d'augmenter (+0,3 %) pour atteindre 67,4 millions d’habitants dont 2 172 000 dans les 5 départements et régions d'Outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Mayotte, Guyane, La Réunion). Ces nouvelles statistiques relèvent également un nombre de décès record (658 000 morts), une espérance de vie en baisse chez les femmes (0,4 an) comme chez les les hommes (0,5 an) et une natalité en berne. 

ISEE
©Insee

 

Hausse des décès à Mayotte

Les décès n'ont jamais été aussi élevés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les autorités ont recensé 658.000 morts en 2020, c’est 45 000 de plus qu’en 2019, soit 7,3 % de plus qu'en 2019. L’augmentation est particulièrement importante pour les personnes de 65 ans ou plus, dont le nombre de décès en 2020 est supérieur de 43 000 par rapport à 2019, soit une hausse de 8,3 %. Le 15 janvier dernier, l'Insee avait estimé le nombre de décès 2020 à 667.400 personnes (+9% en un an).

Mayotte est la région française où l’excédent de décès par rapport à 2019 est le plus fort (24 %). À l’inverse La Réunion fait partie des régions où l’excédent est le plus faible, inférieur à 2 %.

Au cours de la période allant du 1er septembre 2020 au 4 janvier 2021, les décès toutes causes confondues augmentent notablement à Mayotte (+ 19 %) et en Guadeloupe (+ 18 %). Ils sont également en hausse en Martinique (+ 12 %). En revanche, les décès sont inférieurs en Guyane (- 3 %) et à La Réunion (- 2 %). Comme pour les départements métropolitains les moins peuplés, ces évolutions doivent être interprétées avec prudence, notamment en Guyane et à Mayotte.

Naissances

En 2020, il n'y a pas eu d'effet "bébé covid". 740 000 bébés sont nés en France, soit 13 000 naissances de moins qu’en 2019 (– 1,8 %). Le nombre de naissances diminue chaque année depuis six ans. Si la baisse semblait marquer le pas en 2019 (– 0,7 %), elle repart de nouveau en 2020. En 2020, il y a eu 79 000 naissances de moins qu’en 2014. 

Naissances en baisse, décès en hausse: logiquement, cette conjonction a entraîné un solde naturel très bas, à 82.000 contre 140.000 en 2019. C'est le solde naturel le plus faible depuis 1945.

Espérance de vie 

En 2020, l’espérance de vie à la naissance est de 85,2 ans pour les femmes et de 79,2 ans pour les hommes. Les femmes perdent 0,4 an d’espérance de vie par rapport à 2019 et les hommes 0,5 an. Cette baisse est deux fois plus marquée qu’en 2015 (respectivement – 0,3 an et – 0,2 an), où la grippe hivernale avait été très meurtrière. 

Les espérances de vie à 60 ans baissent par rapport à 2019 de la même durée que les espérances de vie à la naissance : – 0,4 an pour les femmes, passant de 27,8 ans à 27,4 ans ; et – 0,5 an pour les hommes, passant de 23,4 ans à 22,9 ans.

L’espérance de vie à 80 ans baisse de 0,3 an pour les femmes comme pour les hommes. En 2015, la baisse était un peu moins forte et plus marquée pour les femmes (– 0,3 an à 60 comme à 80 ans pour les femmes, – 0,2 an pour les hommes).

Fécondité 

L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) s’établit à 1,84 enfant par femme, après 1,86 en 2019. L’ICF diminue depuis six ans, même si la baisse s’était atténuée en 2019 (– 0,01). L’ICF oscillait autour de 2,0 enfants par femme entre 2006 et 2014. L’âge moyen à la maternité continue de croître régulièrement : il atteint 30,8 ans en 2020, contre 29,3 ans vingt ans plus tôt. Les femmes les plus fécondes sont celles ayant entre 25 et 34 ans.

Chute historique du nombre des mariages 

En 2020, La France n'a célébré que 148 000 mariages, dont 144 000 entre personnes de sexe différent et 4 000 entre personnes de même sexe. Il s’agit d’un recul historique : -34,1 % par rapport à 2019. En effet, les célébrations de mariages ont été interdites durant le confinement du printemps, puis autorisées, mais avec une stricte limitation du nombre d’invités. De nombreux mariages ont ainsi été annulés et des projets de mariages reportés. Il n’y a eu presque aucun mariage en avril-mai, et nettement moins que les années précédentes en juin-juillet.

Vieillissement 

L’Irlande et la France ont la proportion de jeunes de moins de 15 ans la plus élevée de l’UE en 2019 (respectivement 20,5 % et 18,0 %). Cette part est inférieure à 14 % dans quatre pays (Allemagne, Italie, Malte, Portugal) et elle est de 15,5 % pour l’ensemble de l’UE.

Au 1ᵉʳ janvier 2021, plus d’une personne sur cinq (20,7 %) en France a 65 ans ou plus. Cette part augmente depuis plus de 30 ans et le vieillissement de la population s’accélère depuis le milieu des années 2010, avec l’arrivée à ces âges des premières générations nombreuses nées après-guerre. La part des personnes âgées de 65 ans ou plus augmente dans tous les pays de l’UE. En 2019, elles représentent 20,0 % de la population de l’UE, contre 17,4 % en 2009. Leur part varie de 14,1 % en Irlande à 22,8 % en Italie.

 

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