Le cycliste Grégory Baugé mis à l'écart par la Fédération française de cyclisme ?

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Grégory Baugé aux JO de Rio
Grégory Baugé aux JO de Rio ©ERIC FEFERBERG / AFP
Dans une interview dans l'Équipe, le pistard guadeloupéen reproche à la Fédération française de cyclisme de l'avoir mis à l'écart de l'Équipe de France et de ne lui apporter aucun soutien dans sa préparation physique.
Depuis les Jeux olympiques de Rio de Janeiro en août 2016, Grégory Baugé n'a eu qu'un contact avec la Fédération française de cyclisme. C'est ce que déplore le Guadeloupéen dans un long entretien au quotidien sportif L'Équipe. Le conflit entre les deux parties remonte à la fin de la compétition, où l'équipe de France de piste avait déçu, malgré une médaille de bronze en vitesse par équipe.

"J'ai rencontré Vincent Jacquet, le directeur technique national (DTN), en novembre", confie le quadruple champion du monde de vitesse individuelle, âgé de 32 ans. Une réunion qui n'aurait selon lui pas permis une sortie de crise. Après, il explique ne pas avoir eu de contact, sauf pour "payer le supplément première classe de l'avion pour Rio".

Clash après les JO

"Si on nous reproche des choses, on ne nous l'a jamais dit en face. On nous reproche nos déclarations dans la presse ? On ne nous l'a jamais dit en face. On nous reproche de nous être mal comportés avec le staff ? On ne nous l'a jamais dit en face. Ce qu'on a pu dire aux Jeux, je ne le regrette pas. Il y a eu des problèmes de management, de gestion, et la préparation n'a pas été facile", clame le sportif dans le journal.

Le jour de sa septième place dans le tournoi de la vitesse individuelle à Rio, Grégory Baugé s'était questionné : "Peut-être que le staff fera son bilan aussi. (...) Est-ce que ce sont les coureurs qui ne sont plus bons, est-ce que c'est le staff... Il va falloir faire l'analyse. Il y a eu de smoyens financiers et des moyens humains, mais est-ce que les moyens humains étaient bons, je ne sais pas...".


"Qu'on nous redonne notre matériel et qu'on puisse de nouveau s'entraîner"

"S'il se souciait de nous, il aurait fait le nécessaire. On attend que le ministère intervienne ou que les élections fédérales changent les choses. Qu'on nous redonne notre matériel et qu'on puisse de nouveau s'entraîner", tempête celui qui s'entraîne en ce moment à l'INSEP (Institut national du sport, de l'expertise et de la performance), institut dont l'objectif est de former les meilleurs jeunes sportifs français. "Je peux rouler sur la piste, mais je dois éviter les créneaux utilisés par le pôle France et je n'ai pas accès aux soins".

Grégory Baugé espère pouvoir remédier au plus vite à cette situation, même s'il dit "déjà savoir qu'[il] n'ira pas aux Mondiaux", disputés en avril à Hongkong. Et de conclure : "J'ai vu que l'Australien Perkins est passé en Russie après un conflit avec sa fédération. Je vais peut-être devoir faire la même chose..."

"Beaucoup de questions à poser"

Joint par téléphone dimanche 22 janvier, Grégory Baugé regrette une nouvelle fois "que rien n'ait été expliqué jusqu'à maintenant. C'est l'incompréhension". Le pistard s'est dit content de rencontrer les différentes parties pour "avoir une explication sur le pourquoi de cette situation". Il espère un débrief des Jeux olympiques et souhaite également "évoquer ces deux dernières années. J'ai beaucoup de questions à poser", dit-il.

Le sportif préfère ne pas se prononcer sur son avenir. "J'attends vraiment la réunion avant d'envisager les choses et de me fixer des objectifs. On est quasiment sur la touche. On fait de l'entretien et on aurait besoin de matériel pour revenir au niveau, surtout qu'il y a des échéances bientôt". 

Contactée par La1ere.fr, la Fédération française de cyclisme indique qu'une réunion aura lieu jeudi prochain entre le DTN, des représentants du ministre et les autres pistards dans la même situation que le sportif guadeloupéen. Elle n'a pas prévu de commenter l'interview avant.