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[DATA] Des prix toujours élevés Outre-mer

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Supermarché Martinique
©JEAN-MICHEL ANDRE / AFP
Dix ans après la grève générale qui a secoué les Antilles-Guyane en 2009, et malgré des dispositions législatives permettant de remédier aux problèmes, les écarts de prix persistent entre les Outre-mer et l’hexagone.

 
L’Autorité de la concurrence dans son avis rendu en juillet 2019, est formelle : « De manière générale, les données disponibles font apparaître la persistance d’écarts de prix significatifs entre les DROM (départements et région d’outre-mer, ndlr) et la métropole, même si les conclusions diffèrent selon les produits et les territoires concernés ».  

Les prix à la consommation sont entre 7 % et 12,5 % plus élevé selon que l’on se trouve en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion ou à Mayotte. Des pourcentages effectuées en se basant sur les dernières données de l’INSEE, datant de 2015.


L’alimentation : poste de dépense le plus élevé

Les ménages consacrent une grande partie de leur budget à l’alimentation. C’est sur ce poste que les écarts sont les plus importants entre l’hexagone  et les DROM, les Départements et Régions d’Outre-mer. La différence est  en moyenne de 28 % à 38% selon le territoire. Un calcul effectué en utilisant la méthode Fischer.

Selon ces données, si un ménage de l’hexagone achète son panier habituel en Martinique, il augmenterait ses dépenses alimentaires de 47,9 %. A l’inverse, un ménage martiniquais réduirait de 22,6% ses dépenses alimentaires dans l’hexagone avec son panier usuel. Cet écart diffère selon les territoires, comme le montrent les tableaux ci-dessous.
 

Un "BQP" pour baisser les prix

Un bouclier qualité prix a été mis en place pour lutter contre la vie chère. Créé par une loi votée en 2012, ce dispositif a modéré le prix global d’une liste limitative de produits de consommations courantes. Selon le territoire,  la surface commerciale, le nombre de produits pris en compte ainsi que leur prix, sont différents.
 
 
Le dispositif, bien que salué par les acteurs économiques, est critiqué par ces mêmes acteurs qui doutent de son efficacité : nombre de produits insuffisants ou encore manque de visibilité pour le consommateur et d’implication des autres maillons de la chaînes comme les transporteurs et les transitaires.

Le bouclier qualité prix (BQP) représente par ailleurs une part marginale dans leur activité.
 


Afin que ce dispositif soit efficient, l’autorité de la concurrence émet  plusieurs pistes. Parmi elles, la participation de tous les maillons de la chaîne, une anticipation des négociations annuelles, et une meilleure visibilité pour le consommateur.
 

Des marchandises importées pour la plupart

Tous territoires confondus, les marchandises produites localement ne représentent que le quart des marchandises vendues par les distributeurs.
 

Depuis la grève générale contre la vie chère qui a secoué les Antilles en 2009, les distributeurs privilégient davantage les importations en circuit court qu’en circuit long. Ils font donc moins appel aux grossistes importateurs, ce qui réduit les coûts des marchandises.

95 % de ces marchandises sont acheminées par voie maritime. 
 

Octroi de mer

A ces produits importés, s’ajoute l’octroi de mer. Une fiscalité propre aux territoires ultramarins qui vise à protéger la production locale. Le taux de cette taxe, non récupérable pour les entreprises, est fixé par les autorités locales. Elles peuvent exonérer totalement ou partiellement des produits locaux et certains biens importés nécessaires à la production locale.

Tous les autres produits importés sont soumis à l’octroi de mer. Le taux de l’octroi de mer, varie donc de 0% à 60% et a une incidence sur le prix de vente finale. Cette taxe constitue la première recette fiscale des collectivités. Elle représente environ 45 %.
 

Des coûts différents selon la nature du produit

Un produit dont le prix d’achat dans l'hexagone est peu élevé, peut voir son prix multiplié par quatre à la revente Outre-mer. L’autorité de la concurrence a fait un comparatif entre deux produits importés : une bouteille d’eau minérale, et une bouteille de champagne. Arrivée à destination, le prix de la bouteille d’eau est multiplié par 4, 07 contre 1,36 pour la bouteille de champagne.
  

 

Une production locale en pleine structuration

Les producteurs consultés par l’autorité de la concurrence s’organisent. Ils dépendent pour beaucoup de la grande distribution. Regroupés en interprofession ou membre d’une association professionnelle, ils valorisent mieux leur production sur le marché local.

Une structuration encouragée par l’autorité de la concurrence. Dans son rapport elle préconise notamment de réformer le bouclier qualité prix, d'évaluer les conditions d’applications de l’octroi de mer, ou encore d’améliorer les études de prix.
 
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