De retour à La Réunion, Marc Sebire veut y ouvrir une école de catch et remonter sur le ring

océan indien
Le catcheur réunionnais Marc Sebire alias White Storm.
Selfie du catcheur réunionnais Marc Sebire plus connu sous le nom de White Storm. ©MS.
Et si la tornade blanche faisait son come-back ? Dans les années 2000, le catcheur réunionnais Marc Sebire dit White Storm dominait l'Europe. Avant de conquérir l'Amérique. Le voilà de retour à La Réunion. 40 ans. Un dos tout neuf. Et le projet de lancer la première école de catch du département.

Marc Sebire et White Storm ont fini par ne faire plus qu'un. Gamin, Marc se rêvait catcheur. Un sport qui exige de se transformer sur le ring. D'endosser un costume. De montrer une autre facette de sa personnalité. Pour le Réunionnais, ce sera White Storm. Une tornade blanche malheureusement à l'arrêt depuis deux ans et demi. Car une vilaine blessure a mis fin au rêve du gosse. Résultat : l'adulte Sebire doit prendre son mal en patience. "La nuit, je bouge beaucoup dans mon sommeil. Je rêve que je me trouve sur un ring de catch. En plein combat. Plus de deux ans après l'arrêt forcé de ma carrière, c'est un rêve récurrent."

Depuis douze mois maintenant, l'autre rêve de Marc Sebire est un rêve éveillé. White Storm vit de nouveau chez lui à La Réunion. Il vient de s'installer au Tampon avec sa femme Maryne et ses deux enfants. Toute sa famille réside à proximité. En résumé, le bonheur avec un grand B. "Je n'imaginais pas que ce serait aussi fantastique de revenir ici. Je me sens bien. En paix. Il y a de belles choses à faire sur mon île. Je veux contribuer à réenchanter La Réunion. Elle le mérite !"

 

Back home après l'American dream

Voilà six ans qu'il vivait un exil doré sous le soleil de Floride. Une expérience unique à la fois de catcheur et de chef d'entreprise. Une belle réussite professionnelle. Mais la fréquence des ouragans, ça fatigue. Même une tornade blanche. Au printemps 2020 alors que le Covid fait rage, la famille Sebire prend la décision de rentrer en France. "À cette époque, nous avions choisi la Côte d'Azur. Sauf que les premières semaines passées sur place ne nous ont pas emballés. Dans la foulée, j'avais prévu d'aller voir ma famille à La Réunion. Et là, le coup de cœur a été immédiat."

En dépit d'une situation sanitaire compliquée, Marc Sebire redécouvre les joies de son île. La suite a tout d'une évidence. Il pose ses valises à La Réunion. Et retrouve très vite du travail : responsable d'une salle de fitness à Saint Pierre. "Il est certain que dans le domaine professionnel, c'est bien plus simple aux États-Unis. Monter une boîte ne vous demande que deux ou trois clics. Cette facilité n'existe pas en France. Mais heureusement, je connais du monde ici. J'ai un CV et des contacts sur toute l'île."

 

Bon pour le service à 40 ans

N'allez pas croire pour autant que Marc soit en pré-retraite à La Réunion. Le 18 février dernier, il a certes fêté ses quarante ans. Mais au même moment, son médecin lui a donné un feu vert inattendu. "Après un nouveau contrôle poussé de ma colonne vertébrale, il m'a appris que tout était réparé ! Je ne pouvais plus catcher depuis ma blessure en Floride. Désormais, rien ne m'empêche de revenir. Il faut juste que je m'entraîne spécifiquement car cela fait plus de deux ans que je n'ai pas vu un ring…"

La tornade réunionnaise a commencé par de nombreuses séances chez le kiné. Avant de reprendre la musculation. Quatre séances par semaine. À domicile. Une reprise juste freinée début septembre par le virus du Covid. "J'ai été touché par le variant Delta. Trois semaines HS. Mais ça va beaucoup mieux désormais. Je suis à l'image de La Réunion. Les contraintes liées à la pandémie ont été très mal vécues. Surtout le pass sanitaire. Heureusement la situation s'améliore de jour en jour. Je suis très optimiste pour les semaines à venir."

White Storm en action en 2006 au Tampon à la Réunion.
Le Réunionnais White Storm en action en 2006 au Tampon à La Réunion. Le gala avait été un grand succès populaire. Bientôt une nouvelle édition ? ©MS.

 

Le rêve de sa vie

Alors White Storm, le retour ? "Pas tout de suite car je suis encore un peu rouillé. J'ai besoin de plusieurs mois d'entraînement avant d'envisager quoi que ce soit." L'idéal serait bien sûr que cet entraînement ne se fasse pas seul. Et là encore, ça tombe très bien. "Il y a beaucoup d'athlètes à La Réunion. C'est riche. À moi de les trouver et de les convaincre." White Storm, bientôt catcheur-coach ? "Absolument ! Surtout qu'à 40 ans, je me sens plus sage. Plus accessible. Plus ouvert. Il y en aura pour tous les goûts."

Marc Sebire a donc bien un projet. Une envie. Un rêve. Monter la première école de catch à La Réunion. Et il prévient : il ne s'agit pas d'une idée en l'air. "J'espère lancer cette école au premier trimestre 2022. Je dois rencontrer le maire du Tampon dans les prochains jours. La ville dispose d'un ring. S'ils acceptent de le mettre à ma disposition, l'aventure peut commencer rapidement. Je croise les doigts. J'ai déjà reçu des messages de gens qui n'attendent que ça. Il y a un réel engouement. Monter la première école de catch à La Réunion serait pour moi, un grand honneur."

Qui aurait cru qu'une tornade puisse réenchanter une île ?

©Nicolas Bouiges

Message vidéo du catcheur réunionnais Marc Sebire alias White Storm.