Deux Guadeloupéennes étaient au cœur des négociations à la COP 23

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Deux Guadeloupéennes COP 23
©Tessa Grauman/La1ere.fr
Sadya Ndoko et Yamide Dagnet travaillent pour des organisations internationales. Spécialistes du climat elles ont participé aux discussions pendant les 15 jours de la conférence de Bonn.
"Souvent dans les négociations la résolution d’un problème dépend de la résolution d’un autre problème", résume Yamide Dagnet après deux semaines de conférence sur le changement climatique qui l’ont laissée K.O. Quatre heures de sommeil par nuit, et des discussions à n’en plus finir pour faire avance la cause du climat. Yamide travaille depuis cinq ans au World Resources Institute, un organisme basé à Washington. Sa mission est d’influencer les grands décideurs de ce monde sur leurs politiques climatiques.
Yamide Dagnet, du World Resources Institute


Guadeloupe, Paris, Londres..

"Malheureusement, lorsque l’on additionne les plans soumis par les pays dans l’accord de Paris, on reste assez loin des objectifs de limiter à deux, voire de 1,5 degrés le réchauffement de la planète", se désole la négociatrice. Avant les Etats-Unis, Yamide travaillait déjà sur les questions climatiques, mais pour le compte du gouvernement anglais. Ce sont ses brillantes études d’ingénieure qui l’ont conduite de Paris à Londres, où elle a vécu pendant dix ans.

Sadya Ndoko

TG Sadya Ndoko
Outre ses origines guadeloupéennes et son domaine d’expertise, Sadya Ndoko partage avec Yamide plusieurs années de résidence à Londres. C’est là qu’elle a fait ses études d’ingénierie civile et d’urbanisme, avant de retourner cinq ans en Guadeloupe. Elle travaille alors à la SEMAG sur la question de l’habitat insalubre, puis rejoint, à Bonn, la branche des Nations unies qui s’occupe du climat. Aujourd’hui elle s’intéresse aux pays les plus vulnérables au changement climatique, pour le compte d’une autre agence onusienne.

Atténuation et adaptation

Les missions de Yamide Dagnet et Sadya Ndoko ne concernent pas directement la Guadeloupe, mais les deux spécialistes sont très sensibles à l’avenir de leur île.  "Dans les discussions sur les changements climatiques, explique Sadya, il y a deux courants. Le premier c’est l’atténuation, c'est-à-dire à dire les efforts mis en œuvre pour diminuer nos émissions de gaz à effets de serre. Mais il y a aussi l’adaptation qui consiste faire en sorte de ne pas subir les conséquences des effets climatiques déjà existants".

Il est impératif de mettre en place une stratégie de planification dans nos états insulaires


Les récents cyclones qui ont frappé la Caraïbe sont l’illustration de l’urgence de ces mesures. "Il est impératif de mettre en place une stratégie de planification dans nos états insulaires", conclut-elle. Yamide Dagnet souhaiterait de son côté que la Guadeloupe obtienne le statut de pays observateur au sein de l'OECS, à l’instar de la Martinique.

Travailler ensemble pour la Guadeloupe

Yamide Dagnet et Sadya Ndoko se sont rencontrées récemment. L’une habite à Washington, l’autre à Bonn. Malgré un travail qui les absorbe beaucoup, sans compter leur vie de famille, elles aimeraient trouver le temps de réfléchir ensemble à l’avenir de la Guadeloupe. L’île où elles ont grandi, et où elles retournent régulièrement.