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L'ex-championne de windsurf a pris le large, en famille, il y a deux ans. En compagnie de son compagnon Aurélien et de son fils Nael, elle a décidé de rallier la Nouvelle-Calédonie, sa terre d'origine, à la voile. Une navigation en plusieurs étapes: les Antilles françaises il y a un an et depuis trois mois, les Antilles néerlandaises, où la famille vient de s'agrandir... Mia a décidé de pointer le bout de son nez alors que leur voilier, le Maloya, approchait des côtes de Bonaire, une île au large du Vénézuela.
 

A bord du Maloya

Il y a deux ans, Sarah, Aurélien et Nael, leur fils de quatre mois, quittaient le port d'Etel, dans le Morbihan, à bord d'un voilier Oceanis 411 Bénéteau, baptisé Maloya. Un nom évidemment pas choisi au hasard...

Sarah, Aurélien et Nael © Poussé par le vent

"Le maloya, c'est le chant révolutionnaire des esclaves à La Réunion, une île où je suis passée quand j'étais petite, nous raconte Sarah Hébert. C'est aussi le titre d'un conte écologique de Nouvelle-Calédonie, mon île natale, que ma mère m'avait offert."

Nouvelle-Calédonie, La Réunion... Petite, Sarah a passé douze années sur les mers du globe, en famille. Un virus que ses parents lui ont donc transmis. "C'est pour moi une des plus belles façons de s'éveiller à la vie", confiait Sarah Hébert dans un magazine que France 3 lui a consacré.

Et ce n'est pas tout :"dans Maloya, il y a "Malo", et mon compagnon Aurélien vient de Saint-Malo. Je trouvais que ce nom était porteur de sens par rapport à ce que l'on voulait réaliser", nous explique la jeune femme de 34 ans.

Maloya au large de Barbuda


Ce voilier, ils ont économisé pour l'acheter il y a quatre ans. Deux ans plus tard et après avoir mis de l'argent de côté, voilà la petite famille qui prend la mer, à la poursuite des plus belles vagues de la planète. En ligne de mire, le Pacifique, les Marquises, Tahiti, puis un retour au bercail, en Nouvelle-Calédonie.

Avec un mantra: "Gagner moins pour vivre plus".

"Poussé par le vent": c'est ainsi qu'ils ont décidé de raconter leurs aventures sur les réseaux sociaux.
 

Escale à Bonaire: la famille s'agrandit

Kralendijk, 3200 âmes. Bienvenue au chef-lieu de Bonaire, une île des Antilles néerlandaises, au large du Vénézuéla.

C'est là que la petite Mia a décidé de pointer le bout de son nez, après une grossesse passée en mer pour Sarah.
"Ça l'a fait, j'étais juste malade alors que je suis rarement malade en mer... Mais même à terre, je n'étais pas bien, alors...!"

Initialement, "le plan" était d'accoucher en Guadeloupe: "on voulait y retourner en avion et laisser le bateau ici. Mais quand on a vu les mauvaises conditions météorologiques, on a préféré ne pas laisser le bateau tout seul". Et Sarah Hébert d'ajouter:

Finalement, Mia nous a tous mis d'accord.

La petite fille est arrivée avec une semaine d'avance. Pas d'appréhension particulière pour Sarah."Je ne suis pas quelqu'un de très inquiet dans la vie", convient-elle. "A partir du moment où il y a l'essentiel autour de moi... ici, ça reste l'Europe, la Hollande, avec nos critères en terme de santé."
Et puis, à Bonaire, "le mouillage est tranquille": "pas de clapot" , avec une "eau translucide".
Tous les jours avant son accouchement, Sarah avait la possibilité de nager.
Deux mois plus tôt, elle a même pu faire, enceinte, du kite sur les îles vénézuéliennes de l'archipel de Los Roques! En s'étant bien entendu renseigné au préalable sur la situation là-bas, histoire de ne pas prendre de risques inutiles!
Ces derniers jours, Sarah et Aurélien ont dû gérer une partie un peu moins plaisante: la déclaration de naissance de leur fille!
Faute d'administration adéquate sur place, ils se sont rendu sur l'île de Curaçao, où se trouve le Consulat. 

C'est vrai, le consul était étonné. C'est la première fois qu'il gère une situation pareille.


Voilà bientôt trois mois que la famille a élu domicile sur cette île des Antilles néerlandaises. Trois mois, c'est le temps maximal qui leur était accordé.

Nael aide son père à gréer, juin 2019 © Poussé par le vent

Une halte, paisible, qui aura même permis à Nael, aujourd'hui âgé de deux ans et demi, de découvrir, un temps, les joies de la crèche... en Hollande!

On a pu le mettre à la crèche pour la première fois de sa vie, c'était marrant.

Bonaire, Antilles néerlandaises © Poussé par le vent

Du windsurf au yoga

Dix ans de haut niveau en en planche à voile : dans sa vie d'"avant", la Calédonienne a été quatre fois championne de France de windsurf , une fois championne d'Europe et même vice-championne du monde!

© Poussé par le vent

Mais un problème au coeur va mettre fin à cette carrière sportive.

Sarah Hébert doit apprendre à vivre avec un défibrillateur cardiaque. La jeune femme n'abandonne pas pour autant sa passion de la glisse, elle va juste essayer de l'associer à un coeur un peu fragile...
C'est dans ce contexte qu'elle se lance un défi: la traversée de l'Atlantique en planche à voile en 2012.

A l'époque, "[elle] est contente de montrer que le handicap (...) ne doit pas nous empêcher de continuer à réaliser nos rêves, même s'il faut s'adapter." Mais après 12 jours de mer, son corps se rappelle à elle.

Son périple actuel est comme une réponse à cette traversée avortée.

Pour moi, la liberté, c'est voguer sur l'eau, sur ma planche, sur un voilier, être vivant tout simplement, avec les embruns dans la figure, le vent qui nous fouette les cheveux, être libre de ce que l'on veut être. Pour moi, c'est le voyage sur l'eau.


La Calédonienne s'est par la suite lancée dans des pratiques plus douces : le paddle et surtout, le sup paddle yoga  (ou sup fitness yoga), du yoga sur une planche de surf, qu'elle enseigne alors en pionnière en France.

Une activité pas totalement mise entre parenthèses : en janvier 2018, alors qu'elle a déjà entamé son "voyage" depuis plusieurs mois, Sarah Hébert organise une "retraite" au Brésil... Et oui, ses élèves ont fait le déplacement... depuis la Bretagne! 
Elle a déjà programmé la prochaine retraite, et cette fois, ce sera au Costa-Rica, en janvier 2020.

Son coeur dans tout ça? Eh bien, il va mieux, depuis trois ans! Plus besoin de défibrillateur. Sarah explique: "mon virus cardiaque s'est guéri, avec les médicaments que j'ai pris". Après dix ans de traitement.

© Poussé par le vent

 

Poussée par le vent... jusqu'en Nouvelle-Calédonie.

Nael n'a sans doute pas beaucoup de souvenirs de la Baie de Quiberon... Mais depuis ses quatre mois, il en a vu des paysages!

© Poussé par le vent

La Corogne, le Cap Vert, le Brésil -où il a fait ses premiers pas, à 13 mois-, la Guyane... Et puis, et puis... les Grenadines et une remonté vers le Nord des Antilles, jusqu'à la Guadeloupe, où Sarah se fait suivre, pour le début de sa grossesse. 

Et puis encore: Barbuda, Saint-Barthélémy, Saint-Martin, Los Roques et Los Aves... jusqu'à Bonaire au printemps 2019. Où Nael vient d'avoir deux ans et demi.
 

© Poussé par le vent

Direction la Colombie ensuite, puis le Panama et le Costa Rica. La famille découvre, profite, prend son temps, mais n'oublie pas  son objectif: le Pacifique. 

Après cette étape en Amérique latine, Maloya voguera vers les Marquises et Tahiti où la famille compte demeurer plus longtemps: "On espère y rester deux-trois ans, pour travailler", explique la Calédonienne. 

La "grand départ" à 4 est prévu pour mars 2020. Sarah et Aurélien tablent sur un mois de traversée, pour accoster aux îles Marquises en avril.

Une dernière "escale", avant de rejoindre, enfin, la Nouvelle Calédonie.


 

Comment suivre Sarah Hébert sur les réseaux sociaux ?

Sarah Hébert et sa famille sont très connectées. Une page Facebook en forme de blog raconte leurs aventures.
Un compte Instagram "poussé par le vent" est également disponible :Enfin, sur Youtube, la famille poste également des vidéos pour raconter ce périple.