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L'épave du "Clotilda", dernier navire négrier des Etats-Unis, a été retrouvé en Alabama

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L’épave du "Clotilda", le dernier navire négrier, retrouvée en Alabama
Illustration d'un transport d'esclaves sur un navire négrier. (Gravure du XIXe siècle)
L'épave du navire négrier "Clotilda", qui avait transporté 110 esclaves du Bénin à l'Alabama en 1860, a été découverte par une équipe de chercheurs américains en amont d'un bras du fleuve Mobile, rapporte le New York Times. 
L'épave du "Clotilda", le dernier navire a avoir ramené des esclaves depuis l'Afrique vers les Eats-Unis, a été retrouvé par une équipe d'archéologues, dans un bras du fleuve Mobile, près de la ville de la ville d'Africatown en Alabama. 

"La découverte du Clotilda est une découverte archéologique extraordinaire", a expliqué Lisa Demetropoulos Jones, directrice exécutive de l’Alabama Historical Commission (AHC) au New-York Times. Le voyage du navire "a représenté l’une des périodes les plus sombres de l’histoire moderne" et l’épave constitue "une preuve tangible de l’esclavage". 
 

De petites gorgées d'eau quotidiennes

Timothy Meaher, propriétaire sudiste d’une plantation de coton à Mobile et armateur de plusieurs bateaux avait parié la somme de 1 000 dollars, de pouvoir braver l’interdiction fédérale d’importer des esclaves, en vigueur depuis 1808. Un crime pourtant puni par la peine de mort.

Entre le 4 mars et le 9 juillet 1860, le "Clotilda" a fait le voyage aller-retour entre Mobile et le port de Ouidah au Dahomey, l’actuel Bénin. A bord, 110 hommes, femmes et enfants ont subi un voyage de 45 jours, durant lequel ils n'ont reçu que de petites gorgées d'eau quotidiennes, selon le livre "Dreams of Africa in Alabama" de l'historienne Sylviane Anna Diouf. La main-d'œuvre gratuite qu'ils ont fournie a fait de l'État l'un des gros producteurs de coton du Sud. 

Après ce terrible voyage, le "Clotilda" sera coulé dans un bras de la rivière pour effacer toutes traces.
 

Mémorial

A la fin de la guerre civile et lorsque l'abolition de l'escalavage fut décidée, nombre de ces hommes et femmes sont restés sur place. Ils ont alors établi entre 1866 et 1868 leur propre village, connu sous le nom d'Africatown. Aujourd'hui, ils voudraient faire de cette épave un mémorial. Mais sa restauration coûterait des millions de dollars. C'est à l'Etat de l'Alabama de décider si la navire sera restauré ou non. 
 
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