Eramet, Glencore et Vale : la trilogie gagnante du nickel et de la Nouvelle-Calédonie

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Poêle de Buyer fabriquée dans le Val d'Ajol (Vosges). Inox haut de gamme série 304 et nickel calédonien SLN. ©Alain Jeannin
La Nouvelle-Calédonie produit plus de nickel que l’Australie et à peine moins que la Russie. C'est ce que révèle le groupe d'étude du nickel (INSG). Remarquable pour le Territoire qui est certes "une grande terre de nickel" mais un petit archipel si on le compare à ces deux géants. 
 
Au départ était la SLN puis Eramet. Plus de cent ans d’industrie minière française en Nouvelle-Calédonie. Dans les années quatre-vingt, Falconbridge puis Glencore, Inco puis Vale ont changé la donne. Le nickel calédonien s’appuie intelligemment sur ses deux jambes. La première c’est le ferro-nickel. Un alliage de haute pureté qui améliore la qualité des aciers. La seconde c’est le nickel pur et le cobalt. Les métaux de la transition énergétique pour les batteries électriques.
 

INSG, mémoire du nickel

Ce sont les dernières statistiques mensuelles sur la production mondiale de nickel. Des chiffres recensés et publiés par le Groupe d’étude international du nickel (INSG) qui est une organisation intergouvernementale autonome créée en 1990. Les bureaux de l’organisation se trouvent à Lisbonne au Portugal. Les principaux pays producteurs, utilisateurs et commerçants du nickel alimentent les statistiques de cette institution discrète et privée.
 

La Nouvelle-Calédonie avant l'Australie

C'est un tableau qui recense des pays, des chiffres de production. La 1ere.fr a pu le consulter. Il dresse la liste des principaux producteurs de nickel et offre un comparatif annuel depuis 2014. Surprise, la Nouvelle-Calédonie se hisse désormais à la quatrième place de la production mondiale de nickel (nickel mine production 1-8 2018/2017). La Nouvelle-Calédonie devance l’Australie et se positionne juste derrière l’immense Russie, ce qui prouve l'incroyable ressource en nickel du Territoire. Si l’Indonésie est le premier producteur mondial avec 372.000 tonnes de nickel produites entre janvier et août 2018, la Nouvelle-Calédonie a extrait 139.500 tonnes de nickel (+3 %). Il en va du nickel comme du cuivre ou du pétrole, chaque type de produit extrait d'un minerai ou d'une énergie fossile entre dans des tableaux différents selon sa composition ou son utilisation. Ainsi, pour la production métallurgique de nickel sous forme de métal, l’archipel calédonien n’occupe, si l’on ose dire, que la sixième place mondiale.
 

13.832 tonnes de nickel (métal) ont été exportées par la SLN, KNS et VNC vers la Chine, de janvier à août 2018. Ce chiffre, en hausse de 38,9 % sur huit mois (source INSG), représente aussi près de 1400 conteneurs pour le transport maritime.
 


Pur nickel calédonien

Le ferronickel est le produit le plus connu et le plus recherché de l’industrie calédonienne. Il entre dans la composition de séries d’acier inoxydable de première qualité. La page consacrée à la Nouvelle-Calédonie comprend un tableau intitulé (exports of ferro-nickel HS 26 04 00). Pour les données les plus importantes de l’INSG, on retiendra que les exportations de ferronickel par Eramet (SLN) et Glencore (KNS) ont augmenté de 38,9 % vers la Chine, de 25 % vers le Japon, de 18,5 % vers l’Europe et de 7,5 % vers les Etats-Unis. En revanche et dans des volumes moins importants, les exportations calédoniennes sont en baisse vers l’Afrique du Sud et Taïwan. La moyenne des exportations calédoniennes, vers huit pays et clients importateurs de ferro-nickel, progresse de 13,5 %. Les équipes commerciales des entreprises du nickel ont bien travaillé.
 
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