Océane Sercien-Ugolin :"J’ai pris beaucoup d’expérience" à l'Euro 2020 de handball

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HAND EURO 2020
Océane accuse le coup après la finale perdue ©JONATHAN NACKSTRAND / AFP

La Guadeloupéenne a conquis sa première médaille internationale. Peu connue du grand public, elle s’est révélée avec un match éblouissant contre la Russie lors du tour principal. Sans occulter aucun sujet elle revient pour nous sur cette belle campagne danoise de l’équipe de France.

Outre-mer la 1ère : On vous a vu très déçue après la finale sur certaines photos, vous ne cachiez pas votre émotion. Avez-vous vécu quelque chose de difficile ?
Océane Sercien-Ugolin :
J’ai juste pris le temps de digérer. On a quand même perdu un match pour une médaille d’or, même si on en a gagné une très belle en argent. En tant que compétitrice on veut toujours obtenir la plus belle des médailles, donc oui j’ai été déçue sur le coup, mais je me suis vite reprise. On a fait quelque chose de pas mal en allant décrocher cette deuxième place et surtout pour moi, c’est ma première médaille dans une grande compétition avec cette équipe-là et je suis très contente de l’avoir obtenue.


Vous avez eu de la pression dans cette finale, vous n’étiez pas complètement vous-même ?
Honnêtement j’étais un peu crispée, c’était ma première grande finale et ça s’est ressenti malheureusement. Mais ce n’est que de l’expérience qui rentre, franchement je l’ai vécu une fois et donc j’essaierai de ne pas refaire les mêmes erreurs si j’ai l’occasion de la revivre. Ça va me pousser encore à plus travailler, je pense que j’ai pris beaucoup d’expérience dans cette finale.

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Océane après la finale ©Jonathan NACKSTRAND / AFP


Globalement Olivier Krumbholz vous a tout le temps utilisé en poste 2 en défense aux côtés de Béatrice Edwige, et surtout il vous a fait démarrer chaque match, c’est un beau signe de sa part ?
Je ne vais pas interpréter ou extrapoler les choses, s’il me fait démarrer les matchs c’est quand même une marque de confiance et j’en suis très honorée et contente. Mais comme je l’ai dit, les temps de jeu ont été assez équilibrés et tout le monde a pu s’exprimer. Mais commencer le match, ça ne veut pas forcément dire qu’on va rester tout le match à ce poste avec un temps de jeu conséquent, il faut le mériter.


Le match contre la Russie reste votre meilleur souvenir avec des images comme ce but extraordinaire en demi-tour contact à l’instinct et un 100 % aux tirs ?
Un très bon souvenir oui mais franchement je pense qu’avec le recul je suis quand même plus contente d’être montée sur le podium avec cette médaille. Mais c’était un match important pour nous et j’ai pu m’exprimer, c’est un des bons souvenirs de cet Euro.

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Océane à la bagarre avec la Norvégienne Marit Frafjord ©Jonathan NACKSTRAND / AFP


Cette bulle sanitaire très stricte que l’organisation danoise vous a imposé, le trajet routinier, salle/hôtel/salle en bus, ces matchs sans public vous avez pris ça comment ?
Ça n’a pas été simple. Au final ce sont des sensations un peu bizarres. Déjà les matchs sans public on vit cela depuis le début de la saison, c’aurait peut-être été plus fort dans une salle remplie de 15000 personnes, mais on s’est adaptées.

Je pensais aussi que c’aurait été plus dur, le temps a été long mais finalement c’est passé très vite. Il y a eu une espèce d’intemporalité un peu décalée, je ne sais pas comment l’expliquer.

Océane Sercien-Ugolin

 

Comme on était toutes concentrées sur les matches de cet Euro, je ne dirai pas que c’était simple mais on a tout fait pour rendre les choses les plus commodes possibles. Occuper le temps avec du babyfoot dans le couloir, de la vidéo, des soins, au final on avait des soirées bien remplies. Et la journée on se reposait pour récupérer entre les matchs.


Mais vous n’avez pas vu le jour pratiquement si l’on peut employer cette expression, bus, boulot dodo ? Il faisait nuit à 15 h, pas de public, ce n’était pas très beau ?
C’est vrai qu’au Danemark il n’y pas beaucoup de soleil, je crois qu’on en a un peu eu juste la veille de la finale. Il faisait assez sombre et j’avoue que pour moi ça a été un peu compliqué et pour beaucoup de filles aussi, je ne pense pas me tromper en disant cela.  
Mais on n’était pas là pour le soleil, clairement, on a fait avec et on s’est adapté. Alors je ne sais pas si nous les Antillaises, on a amené le soleil, peut-être, mais je pense qu’entre toutes les filles il y avait une ambiance joviale, tout était cool et elles ont fêté aussi mon anniversaire (ndlr, Océane a eu 23 ans le 15 décembre). Tout n’a pas été rose bien sûr, mais franchement on est dans un groupe qui vit bien, où tout le monde essaie de se comprendre. 


Est-ce qu’il y avait un groupe dans le groupe avec les Antillo-Guyanaises ?
Forcément avec Méline, Orlane, Coralie et Béatrice, on a des points communs sur la musique, sur la culture, après dire qu’ il y a un groupe dans le groupe, personnellement je n’irais pas jusque-là. Mais c’est vrai qu’on a des affinités entre nous sur certaines choses qui sont plus importantes qu’avec d’autres filles.

 

HAND EURO 2020
Le groupe bleu tout sourire ©FFHB S Pillaud

 


Qu’est ce qui va être le plus important pour vous dans les jours à venir ?
Me ressourcer d’abord. Ce sera la seule occasion pour moi de rentrer plus de deux heures en France pour voir ma famille, car souvent c’est à l’occasion d’un stage et je n’ai pas beaucoup de temps. Je suis très contente et j’ai hâte de revoir mes parents, mes frères et sœurs dans la région parisienne entre Massy et Fontenay-aux-Roses.

Mine de rien on a vécu des semaines longues avec les mêmes personnes. Voilà on s’aime bien mais à un moment ça fait du bien de se quitter et je suis contente de retrouver ma famille c’est clair.

Océane Sercien-Ugolin

 

Mais le retour est court, vous n’aurez pas le temps de trop en profiter ?
Eh oui, le 27 décembre je serai déjà à Ljubljana en Slovénie pour la reprise de l’entrainement* et on a un match de coupe d’Europe contre les Danoises d’Esbjerg. Je m’y fais bien à cette vie. Je pensais que ça allait être plus dur mais ça m’a permis de forcer un peu ma nature car je ne suis pas une bavarde, j’ai amélioré mon anglais de façon très nette, les filles ont été hyper accueillantes avec moi. Et là-bas j’ai la chance d’avoir un coach qui croit en moi et qui me fait jouer. Je m’acclimate bien et je pense que ça se voit sur le terrain aussi.

*Océane joue actuellement dans le club Slovène du RK Krim