La France parmi les 20 pays les plus touchés par les événements climatiques extrêmes

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Une rue de Saint-Martin après le passage de l'ouragan Irma.
Une rue de Saint-Martin après le passage de l'ouragan Irma. ©Nordine Bensmail
C’est le constat de l’ONG Germanwatch : la France se range 18ème au classement des pays les plus touchés par les événements climatiques extrêmes de ces vingt dernières années. Cela est dû en partie à ses territoires d’Outre-mer.
La France se classe parmi les vingt pays les plus touchés par les événements météorologiques extrêmes de ces deux dernières décennies, selon le classement réalisé par l’ONG Germanwatch. Celui-ci permet, grâce au recoupage des données du réassureur mondial (assurance des sociétés d’assurances, ndlr) Munich RE et du Fonds monétaire international (FMI), de montrer les impacts concrets du changement climatique à travers les pertes humaines et financières.
 

Vulnérabilité


Si ces chiffres ne prennent pas en compte la montée du niveau des océans, la fonte des glaciers, ni l’acidification et le réchauffement des mers, ils mettent néanmoins en lumière la vulnérabilité des pays face au changement climatique. D’après les analyses de Germanwatch, plus 526 000 personnes ont ainsi perdu la vie dans le monde entre 1998 et 2017, pour un coût de 3,47 billions de dollars. Pour la France, la moyenne annuelle des pertes humaines s'élève à environ 1120 personnes et celle des pertes financières à plus de 2200 millions de dollars. 
 

L'Outre-mer plus touché


Les effets des cyclones et tempêtes sont très représentés. Si l'hexagone n'est pas épargné, comme en 2010 avec la tempête Xynthia qui fit 53 morts, le classement de la France s'explique notamment par les phénomènes se produisant Outre-mer. L'exemple le plus récent est le passage de l’ouragan Maria sur les Antilles en septembre 2017. C’est lui aussi qui place Porto Rico et la Dominique, des îles voisines, dans les trois premiers pays les plus durement touchés en 2017.
 
Du côté de l’Océan Indien, les Réunionnais gardent en mémoire le passage de Dina en 2002 et de Gamède en 2007 qui fit 2 morts et plus de 91 blessés. On retrouve également au classement Madagascar, l’île située entre Mayotte et La Réunion. Elle se place 17ème entre 1998 et 2017 et 7ème pour 2017, là aussi à cause de phénomènes venteux. En mars, le pays avait été frappé par le cyclone Enawo avec des vents à plus de 290 km/h. La tempête la plus violente depuis Ivan en 2008, où 81 personnes avaient perdu la vie.

Le Pacifique est lui aussi bien représenté. Là également, la France se retrouve impactée par des phénomènes météorologiques violents. Sur les vingt dernières années, le cyclone Erica a offert à la Nouvelle-Calédonie ses records de vents avec des rafales à 234 km/h, causant deux décès. Les dégâts matériels ont été estimés à plus de 5 milliards de Francs Pacifique (environ 47 millions d'euros). Est comptabilisé également dans les données les conséquences du phénomène El Niño qui touche particulièrement le sud du Pacifique et provoque une hausse de températures des eaux.
   

Mieux se préparer


Des phénomènes se répétant avec toujours plus de violence. Le rapport de Germanwatch est d'ailleurs "conçu pour être compris par les Etats comme un avertissement, dans le but de se préparer à des événements plus fréquents et/ou plus sévères dans le futur", d'après le communiqué.

En prévision des systèmes cycloniques de la saison 2018-2019, la préfecture de La Réunion a ainsi mis en place le niveau violet d’alerte pour mieux se préparer aux passages d'ouragans. Dans le reste des Outre-mer, des mesures de protection sont prises en amont pour tenter de protéger au mieux la planète et de limiter les conséquences du réchauffement climatique.