Guadeloupe : le prix des produits pétroliers a explosé en deux jours

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Le prix des produits pétroliers, fixé par arrêté préfectoral, a explosé en deux jours en Guadeloupe où les habitants sont très dépendants de la voiture, a alerté mardi la préfecture.

Depuis lundi, les tarifs atteignent "1,75 euro" le litre de sans plomb, et "1,53 euro par litre" de gazole a indiqué la préfecture dans un communiqué. La bouteille de gaz passe de 26,75 euros à 28,06 euros. Les Guadeloupéens sont très dépendants de l'automobile du fait du manque d'un réseau de transport en commun. Pour éviter les abus de prix, les tarifs sont réglementés et sont fixés en tenant compte du prix du brut, mais également de plusieurs autres indicateurs, comme les cours de l'essence, la parité monétaire, ou encore, notamment, les taux de marge.

Au 1er janvier 2021, "le litre de diesel était fixé à 1,21 euro et le super à 1,37 euro", a rappelé dans un communiqué la Fédération socialiste de Guadeloupe qui critique le "très électoraliste" "chèque inflation" de 100 euros du gouvernement. Annoncée le 21 octobre par le Premier ministre Jean Castex, cette indemnité doit être versée aux Français gagnant moins de 2.000 euros net par mois pour les aider à faire face à la flambée des prix, des carburants notamment.
    
Des "niveaux jamais atteints" 
"Il ne viendra que maigrement compenser l'augmentation des dépenses d'énergie" des Guadeloupéens, qui voient également le coût de la vie augmenter, en raison, insiste la fédération socialiste "de la hausse de prix d'un nombre important de produits de grande consommation en raison de la flambée du coût des matières premières au niveau mondial". Ces prix touchent des "niveaux jamais atteints", fustige la fédération socialiste. Ils "dépassent ceux qui ont précédé le mouvement social de 2009 qu'ils avaient d'ailleurs contribué à déclencher", rappelle la même source. En janvier et février 2009, une grève générale contre la vie chère avait paralysé la Guadeloupe pendant 44 jours et la Martinique pendant 38 jours.

Un fait également dénoncé par le secrétaire général de l'Union pour la Libération de la Guadeloupe, un parti indépendantiste dont un communiqué mentionne les "conséquences gravissimes sur la santé financière des ménages". La députée de Guadeloupe Justine Bénin (apparentée MoDem) a fait savoir, dans un courrier au Premier ministre, son souhait de procéder à une "concertation très large" afin de renégocier les éléments de fixation du prix des carburants.