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En Guyane, des consignes de bienveillance pour remonter le niveau "inacceptable" du baccalauréat

En Guyane, où le taux de réussite au bac est en hausse cette année, des consignes données aux correcteurs du baccalauréat ont été parfois trop bienveillantes, pour remonter un niveau "inacceptable" au 1er tour, ont rapporté certains professeurs à l'AFP.

Le recteur Youssoufi Touré face à des candidats quelques minutes avant le début des épreuves © Yves Robin
© Yves Robin Le recteur Youssoufi Touré face à des candidats quelques minutes avant le début des épreuves
  • La1ère avec AFP
  • Publié le
"En terminale S les résultats ont été catastrophiques", raconte ce professeur de physique sous couvert d'anonymat. "Quand les correcteurs se sont réunis avec l'inspecteur (pour corriger les copies de physique, ndlr), il a fallu prendre les notes de l'écrit et les multiplier par 1,5. Il peut arriver sur des épreuves qu'on multiplie les notes d'un exercice par 1,1 ou 1,2, mais là, multiplier l'ensemble de la note par 1,5je n'avais jamais vu cela. La moyenne académique était de 5,5 elle est montée à plus que 8 grâce à cette multiplication".

Selon Bruno Niederkorn, délégué Steg (syndicat des travailleurs de l'éducation) UTG, "il nous a été dit en réunion de syndicat que les taux arrivaient à peine à 50% de réussite à l'issue du premier tour en général et technologique, que les résultats étaient +inacceptables+ et qu'il fallait donc remonter les notes pour l'image de l'académie, et parce que l'impact sur les élèves aurait été trop fort".

Taux de réussite : 78,5%

Cette année, plus de 3.000 élèves tentaient de décrocher le baccalauréat dans l'académie de Guyane. Le taux de réussite est finalement de 78,5%, soit deux points de plus qu'en 2016. Dans les filières technologique et général, plus d'un candidat sur cinq a obtenu son examen grâce au repêchage.Chez les 1ères L, "les sujets (du bac de français) ont posé problème parce qu'ils étaient extrêmement difficiles et surprenants. Donc selon les corpus, il y a eu des appels à la bienveillance", détaille ce professeur de littérature.

Les témoignages estiment toutefois que le conflit social en Guyane, en mars-avril, qui avait entraîné l'interruption des cours pendant un mois n'a pas eu de conséquences désastreuses sur le programme ou les révisions, même si de l'avis d'un professeur titulaire, il y a eu une "démobilisation au sortir des barrages". Parfois, le programme a dû être bâclé pour qu'il soit fini dans les temps. Contacté par l'AFP, le rectorat de Guyane n'a pas souhaité faire de commentaires.

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