Rétrospective #2021 : Sept faits divers qui ont marqué la Guyane

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Intervention des forces de police (image d'illustration).
Intervention des forces de police (image d'illustration). ©Imaz Press
La série rétrospective de 2021 se poursuit. Cette année, la Guyane a été secouée par des faits divers marquants, des rebondissements dans des affaires judiciaires et des accidents dramatiques. Retour sur sept d'entre eux, dont certains Guyanais se souviennent encore très bien.

1Affaire Karina Gama De Souza : mise en examen de Sylvain Kereneur et réouverture de l’enquête pour le meurtre de Camila Marques Pereira

Au mois de mai 2021, soit un an après la découverte du corps de Karina Gama De Souza à Cacao, Sylvain Kereneur est mis en examen pour homicide par concubin. Le suspect principal du meurtre de Karina Gama De Souza est interpelé le 31 mai, à Antibes, dans l’Hexagone. Il est confondu par son ADN et ses déclarations contradictoires. 

Cette affaire permet la réouverture d’une autre enquête dans laquelle serait impliqué Sylvain Kereneur. En 2010, le corps d’une de ses anciennes compagnes (Camila Marques Pereira) est retrouvé carbonisé dans une décharge de Matoury. Défendu par Eric Dupont-Moretti, l’actuel ministre de la Justice, Sylvain Kereneur avait bénéficié d’un non-lieu.

2Suite du procès des quatre manifestants guyanais

Le 25 novembre 2021, au tribunal de Cayenne, la Cour d’Appel rend son délibéré dans l’affaire - très médiatisée - de l’incendie de la préfecture survenu le 20 juillet 2020. Verdict : elle prononce la peine complémentaire d’interdiction d’exercer une fonction publique pour une durée de cinq ans, l’interdiction de participer à des manifestations sur la voie publique à Cayenne et Matoury pendant trois ans et l’interdiction de détenir ou de porter une arme pour une durée de cinq ans. 

Les membres de la Caravane de la liberté devant le tribunal
Les membres de la Caravane de la liberté devant le tribunal ©Mélodie Nourry

Les peines des manifestants sont donc alourdies après un procès en appel. En effet, en octobre 2021, le tribunal avait déjà condamné trois d’entre eux à 18 mois de prison ferme et cinq ans de privation des droits civiques pour détérioration d’un bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes. Quant au 4ème, il avait écopé de 12 mois de prison. Jusqu’à aujourd’hui, les sympathisants de la Caravane de la Liberté font part de leur mécontentement suite à l'annonce de ces peines, qu’ils jugent exagérées. 

3Une pirogue contenant 20 migrants se renverse, 15 personnes sont toujours recherchées

Samedi 28 août 2021, une pirogue se renverse au niveau de la pointe Béhague, entre les embouchures des fleuves Approuague et Oyapock. Plus d’une vingtaine de migrants brésiliens étaient à son bord et tentaient de rejoindre la côte française. Les passagers de l’embarcation ont été bousculés par la houle et les vents violents. Bilan provisoire du drame : 15 personnes sont toujours recherchées, trois corps ont été repêchés (dont deux identifiés) et quatre personnes ont été sauvées

Naufrage au large de Kourou : une des victimes raconte son calvaire
La photo de la pirogue au départ à Oiapoque prise par l'un des passagers. ©ZAP Notícias AP

L’intervention des secours est déclenchée lorsqu’un navire de plaisance retrouve une femme agrippée à une bouée située dans le chenal d'accès au port de Kourou. La mobilisation des différents moyens aériens et maritimes permet de retrouver et de récupérer quatre naufragés (dans le chenal de Kourou, sur l’ilet Le Père et sur l’île du Grand Connétable). Les deux corps retrouvés (en décembre) sont celui d’un homme de 58 ans et celui d’un adolescent de 15 ans

4Deux enfants meurent dans un incendie à Saint-Laurent du Maroni

Un drame sur fond de précarité s’est déroulé le 1er mars 2021 à Saint-Laurent du Maroni. Deux enfants (une fillette âgée de onze mois et un petit garçon de six ans) périssent dans les flammes cette nuit-là. Quatre autres enfants, leurs frères et sœurs, réussissent à s’échapper des flammes à temps. Un incendie s’est déclenché dans leur maison, située dans le quartier informel Chekepati, de la capital de l’Ouest. Lorsque les pompiers sont appelés, vers 23h00, les flammes ont déjà envahi une grande partie de l’habitation. 

Incendie à Chekepati à Saint-Laurent
©MM Ponet

Les soldats du feu ont, tout de même, pu protéger les maisons voisines afin d’empêcher la propagation du feu. Les maisons étant alimentées en électricité de manière sauvage, tout le quartier a été coupé en électricité. Ces branchements informels représentent un risque permanent pour les habitants de ces quartiers spontanés. Par ailleurs, la configuration des maisons (faites de bois) ne facilite pas le travail des pompiers, qui peinent parfois à accéder aux lieux incendiés.

5Nouvelles vagues d’arrestations dans l’affaire du trafic présumé de cocaïne entre Dégrad des Cannes et l’Europe

Le 23 novembre 2021, quatre hommes sont interpellés, puis mis en examen avant d’être relâchés et placés sous contrôle judiciaire sur l’Île-de-Cayenne. Ils sont impliqués dans l’affaire du trafic international de cocaïne transitant par le port de Dégrad Des Cannes, qui a commencé en 2020. Il s'agit de trois ressortissants chinois (dont un restaurateur de Guyane) et d'un ressortissant français, Bastien Kereneur. Ce dernier est le petit frère de Sylvain Kereneur, poursuivi pour le meurtre très médiatisé de la jeune Karina, en 2020

Sacs de drogue saisis au port du Dégrad des Cannes
Les 18 sacs contenant plus de 500 kilos de cocaïne au total, saisis au port de Dégrad Des Cannes par les policiers de l’OAFST (Office Anti Stupéfiants) et les gendarmes. ©Préfecture de la Guyane

Les interpellations des quatre hommes sont effectuées dans le cadre de délits financiers présumés, dont l’éventuel blanchiment d’une partie de l’argent du trafic de Dégrad des CannesCes nouveaux individus s’ajoutent aux 10 autres suspects incarcérés en Martinique et en Guyane avant cette datePour rappel, le 1er octobre 2020, 594 kg de poudre blanche ont été saisis dans un véhicule près du port de Dégrad Des Canne.  

6Une fusillade éclate au centre-ville de Cayenne en plein jour

Dans la matinée du jeudi 8 juillet 2021, les habitants du centre-ville de Cayenne sont surpris par des tirs d’arme à feu. L'incident survient en pleine rue, dans un croisement de la rue Lalouette. Une équipe de la Police Nationale, en poste près de la Place des Palmistes, repère une voiture correspondant à un signalement donné plus tôt suite au braquage d'un restaurant de la ZAC Hibiscus. Le véhicule décide de forcer le contrôle des forces de l’ordre. 

Fusillade Lalouette
©Éclats de balles

Des coups de feu sont ensuite échangés avec les passagers du véhicule. Les forces de l'ordre ripostent par douze tirs. Deux des quatre malfaiteurs sont blessés. Quelques jours après l’événement, quatre individus (dont deux mineurs) sont interpellés et mis en examen. L’enquête révèle que le groupe est impliqué dans cinq vols à mains armées. Deux ont été commis le matin même, trois autres datent du 4 juillet 2021. Ces derniers sont survenus à Rémire-Montjoly. 

7L’effondrement d’un carbet fait un décès à Saut-Maripa

Lundi 25 octobre 2021, à 18h00, un groupe de 25 jeunes se retrouve pris au piège lorsque le carbet, dans lequel il se trouve, s’effondre. Le bilan dressé par les autorités fait état d’un décès, celui d'une adolescente de 17 ans, et de 5 blessés, dont une personne de 25 ans et 3 mineurs. Le groupe s'était installé dans cette habitation de Saut-Maripa, au bord de l'Oyapock, pour se rendre dans un camp touristique à Camopi. 

Les restes du carbet de Saut-Maripa
Décombres du carbet effondré à Saut-Maripa ©Nikerson Perdius

Selon les informations délivrées par le procureur de la République à Cayenne au lendemain du drame, le groupe de jeunes n'avait pas prévu de se retrouver dans le carbet ce jour-là. Un malentendu avec le piroguier l'aurait contraint à changer de programme en passant une nuit à Saut-Maripa. Un groupe de cent de kayakistes de l'île de Cayenne est également sur les lieux ce soir-là. Aucun des membres n'est concerné par l'accident mortel.