Haïti : manifestation d'opposants au pouvoir de transition, faute d'élections

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Un nouveau front politique ouvert en Haïti par cette décision de privatiser les bulletins de vote de la présidentielle d'octobre. ©HECTOR RETAMAL/AFP
Plusieurs centaines de sympathisants du PHTK (Parti haïtien Tèt kale) de l'ancien président Michel Martelly ont manifesté à Port-au-Prince dimanche, jour où auraient dû se tenir les élections présidentielles et législatives, reportées depuis décembre.
"On est dans la rue à la recherche de nos bureaux de vote", ironisait un des manifestants, Djogel Poloute.
En raison des reports successifs du second tour de la présidentielle en Haïti, l'opposition d'alors dénonçant des fraudes massives au profit du PHTK, Michel Martelly a achevé son mandat le 7 février sans remettre le pouvoir à un successeur élu.
 
Un accord de sortie de crise, signé entre le pouvoir exécutif et le Parlement, a permis l'élection de Jocelerme Privert, à l'époque président du Sénat, au poste de président provisoire pour un mandat de trois mois. Cet accord indiquait également que les élections laissées en suspens seraient organisées le 24 avril.
        

"Notre arme c'est notre carte électorale"

Mais cette échéance n'a pas pu être respectée car l'installation du nouveau gouvernement et du Conseil électoral provisoire, institution en charge de l'organisation des scrutins, n'a été réalisée qu'il y a trois semaines. Ce n'est que mercredi que le président provisoire a officiellement reconnu que le vote ne pourrait se tenir le 24 avril.
        
"Le Conseil électoral estime qu'il pourra publier un calendrier électoral entre le 15 et le 31 mai", a indiqué mercredi Jocelerme Privert. Cette déclaration exacerbé la colère des détracteurs du pouvoir de transition, qui accusent le président provisoire de vouloir rester en poste au-delà de son mandat de trois mois.
        
Beaucoup des manifestants du PHTK ont défilé dans les rues de la capitale en arborant un t-shirt portant pour slogan : "notre arme c'est notre carte électorale". Par ailleurs, le président Jocelerme Privert a indiqué que l'élection présidentielle pourrait ne pas avoir lieu avant le mois d'octobre. Il a estimé que le pays devrait désigner son chef de l'Etat en même temps que le Sénat dont l'élection est fixée au 30 octobre.
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